Soutien aux personnels en grève de l’Université Paris 8

Soutien aux salarié-e-s de Paris 8 en grève !

600€: le montant de la retraite des personnel-le-s précaires de Paris 8 après 20 ans de services.

400: le nombre de salarié-e-s de Paris 8 gagnant moins de 1400€.

200: le nombre de salarié-e-s de Paris 8 gagnant moins de 1200€.

(Bien loin de ce qu’empochent les Présidents d’Université…)

Depuis le 19 janvier, les salarié-e-s de Paris 8, organisés en « collectif des bas salaires », sont en grève pour obtenir une augmentation de revenus.

Parce que sans leur travail au quotidien, la fac ne tournerait pas

Parce que la pénurie budgétaire sur les universités se répercute sur les personnels et les étudiants

Parce que la précarisation du travail et la baisse des salaires dans la fonction publique n’ont d’égal que celles du secteur privé

Parce que la grève victorieuse des salarié-e-s d’aujourd’hui prépare les victoires des salarié-e-s et des étudiant-e-s de demain !

Soutenons les salarié-e-s en grève de Paris 8 !

Lien vers la pétition : http://www.petitions24.net/soutien_aux_personnel-le-s_de_paris_8_en_greve

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Communiqué de presse du 29 janvier 2015 des vacataires enseignant.e.s de Lyon 2 en lutte

Les vacataires enseignant.e.s de science politique, d’arts du spectacle et d’anthropologie de l’Université Lumière Lyon 2 sont en grève depuis lundi 26 janvier afin d’attirer l’attention de la présidence de l’université sur leurs conditions de travail dramatiques.

Depuis le début des enseignements au mois de septembre, les vacataires n’ont pas de contrat de travail et, par conséquent, n’ont fait l’objet d’aucune rémunération. Certain.e.s de ces enseignant.e.s ne sont toujours pas payé.e.s pour des heures effectuées pour l’année universitaire 2013-2014.

 Cette situation n’est plus tenable, elle doit désormais être connue de tou.te.s.

 Aujourd’hui jeudi 29 janvier, près de 170 personnes, vacataires mobilisé.e.s et étudiant.e.s solidaires, se sont rassemblées devant la Présidence de Lyon 2 afin de manifester leur colère et d’exiger des réponses à leurs attentes.

Face à une énième promesse orale (après « des contrats signés pour tous les vacataires au 31 octobre », puis « régularisation de la situation au plus tard en janvier », nous avons cette fois-ci eu droit à : « les contrats de travail seront délivrés d’ici 15 jours »), au mépris, à la défiance et au rejet dont les enseignant.e.s vacataires ainsi que les étudiant.e.s font l’objet de la part de l’équipe présidentielle, les grévistes, soutenus par les étudiant.e.s, ont remis en main propre à M.Péguy, vice-président élu aux Finances, un courrier avec des revendications explicites, exprimées collectivement, exigeant une réponse écrite ainsi que des actes concrets d’ici mardi 3 février. Durant ce délai la mobilisation continuera, et elle se poursuivra tant que ces exigences n’auront pas été entendues.

Je suis jeune, idéaliste, passionnée, mais surtout précaire, réaliste et personnel fantôme dans mon université …

Parallèlement aux cours de TD que j’assure cette année, ma rémunération principale provient de babysittings réguliers et occasionnels.

Sans contrat de travail, je suis en « grève » depuis quelques jours (voir ici les revendications de ce mouvement), mais j’assurerai des cours alternatifs pour offrir aux étudiants un espace d’échange et de réflexions communes. Actuellement, cette situation est sans conséquence sur ma vie et mes revenus : mes revenus réguliers proviennent du babysitting, la paie de mes cours arrivera dans un délai fort incertain.

Je suis ravie d’avoir ce plan de babysitting : je m’occupe de deux enfants charmantes, bien élevées à qui je fais faire leurs devoirs et des activités manuelles. Je goûte avec les enfants, j’ai l’autorisation de me servir de la machine à café. C’est un babysitting pas loin de chez moi, j’y vais en vélo, mes employeurs sont sympas et prévenant, j’ai les clés de leur appartement et ils me payent au tarif légal à l’heure travaillée de manière très régulières et je cotise même pour la retraite !!!

Pour des plans de babysitting plus occasionnels en soirée, je m’occupe des enfants en général durant 1h à 2h, puis ils s’endorment tranquillement. J’ai ensuite le temps de corriger les copies de mes étudiants à l’université, à préparer mes cours pour les séances prochaines : l’idéal quoi ! (Oui, ça peut faire bizarre de penser ça quand on a plus qu’un Bac+5, mais cette condition précaire conduit à avoir ce type de considération paradoxale.) Ce travail de correction de copies et de préparation de cours est considéré comme du travail gratuit, effectué dans le cadre des « tâches annexes » au cours que je donne en classe (seules ces heures de cours me sont rémunérées).

Contrairement, à l’université, je suis théoriquement payée environ 30 euros net l’heure de cours donnée et mon employeur ne me paie aucune charge sociale. Pour y travailler, je dois avant tout payer mon employeur, l’Etat, pour m’inscrire en doctorat, afin qu’un contrat de travail puisse un jour être établit. Mes employeurs (les services des Ressources Humaines et la Présidence de Lyon 2 notamment) ne connaissent pas mon existence, c’est d’ailleurs moi qui ai dû les contacter pour savoir quelles pièces fournir pour établir mon contrat de travail (quel comble !). Je ne dispose pas d’un contrat de travail, et je ne suis pas payée régulièrement. Il est possible de comprendre ces problèmes comme des manifestations d’un manque de personnel administratif (notamment titulaires ou contractuels, avec des salaires en fonction des missions qu’ils assurent), conséquences désastreuses des politiques d’austérité adoptée à l’échelle locale par la Présidence de Lyon 2, et plus largement par l’Etat. Il se trouve que je travaille sur le campus de Bon, qui se trouve à 50min en transport en commun de mon domicile, et l’université ne participe pas au paiement de ces frais de transport. J’ai des conditions d’emplois et de travail déplorables : pas d’accès à une salle de travail spécifique, pas de connexion Internet qui fonctionne correctement, aucun accès à une machine à café (malgré une journée où j’enchaine pas mal de cours). Je ne dispose pas de carte de personnel de l’université et ne peux emprunter de livres à la bibliothèque pour préparer mes cours en travaillant à l’extérieur de la bibliothèque universitaire de Bron. J’ai pris connaissance en discutant avec des collègues des conditions pour avoir accès à la photocopieuse et obtenir les clés pour ouvrir mes salles de cours (pourquoi n’existe-t-il pas un document administratif d’information pour les enseignants vacataires contenant ce type d’information ?). Je ne parle pas des conditions d’étude des étudiants : pas de polycopiés pour les lectures obligatoires (ils impriment les textes à leurs frais), des problèmes de place pour travailler à la bibliothèque, aucune salle de travail libre ou ouverte n’existe pour réaliser un travail de groupe sur le campus de Bron… et parfois pas assez de chaise pour tout le monde en classe dans le cadre d’effectifs surchargés !

Au prorata des heures travaillées/payées, je gagne deux fois plus en faisant du babysitting qu’en donnant des cours en tant que vacataire enseignant à l’université.

Comme certains étudiants qui m’ont posé la question quand je leur ai annoncé que j’étais gréviste, en me lisant vous vous demandez peut-être : « Mais pourquoi dans ces conditions vous continuez à travailler pour l’université ? Pourquoi vous donnez des cours si vous n’êtes pas payée ? »

Excellente question !

 

La réponse est simple : j’aime ce que je fais, mais je souhaite vivre dignement de ma passion, pour devenir -un jour peut être si le système actuel de m’en a pas enlevé toute envie avant- enseignante-chercheure !
Ainsi, en commençant à donner des cours un peu par hasard, j’ai découvert que j’aimais enseigner à l’université, stimuler les étudiants, leur donner des clés pour mieux leur permettre de comprendre ce monde si compliqué dans lequel ils sont un peu paumés, j’aime échanger avec eux ! Former les générations futures, quel plus beau défi pédagogique, humain, collectif ? Par ailleurs, la préparation de ces cours de TD et les échanges avec les étudiants me permettent de me remettre en question, de m’interroger sur certaines thématiques sur lesquelles je n’avais pas eu l’occasion de me pencher, d’approfondir ma connaissance de certaines thématiques, et de m’auto-former à l’enseignement (oui quand on accepte pour la première fois d’assurer un TD, on accepte d’être lancé devant une classe de 40 étudiants, sans avoir bénéficié d’aucune formation. Au mieux, on développe nos compétences pédagogiques au fil de notre expérience). Mais aussi, quand on veut comme moi tenter de faire partie de ce monde qu’est l’enseignement supérieur et la recherche en France, il faut avoir enseigné si on veut avoir une petite chance d’être recruté pour espérer devenir un jour titulaire (enseignant-chercheur). A l’heure actuelle, dans ma filière, j’ai entendu qu’il y avait 200 candidats (tous excellents) pour un poste dans ma filière dans une université voisine. Mais voilà, je fais une thèse non financée (comme 80% des thèses en sciences sociales), et je suis passionnée aussi par ma recherche et mon terrain : c’est un défi intellectuel mais aussi un défi individuel qui permet de se remettre en question profondément et de questionner son rapport au monde. C’est une aventure des plus excitantes…

 

Dans ma vision de la société, je souhaite occuper une place pour faire de la recherche, mais aussi enseigner à mes étudiants des connaissances scientifiques classiques, je souhaite leur faire part des fruits de mon travail de recherche, leur apprendre à adopter un point de vue critique et argumenté face au monde qui les entoure et à comprendre les enjeux du monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain pour qu’ils trouvent eux aussi la place qu’ils souhaitent occuper dans les années à venir.

Je suis jeune, idéaliste, passionnée, mais surtout précaire, réaliste et personnel fantôme dans mon université … le fruit du gâchis sociétal actuel, qui n’est pas propre à l’université française !

Appel à mobilisation – semaine du 26 janvier

« Si vous n’avez pas de contrats de travail, vous n’êtes pas tenu de donner cours »

                  Jean François Goux, Vice-Président à la politique de l’emploi et à l’action sociale

Appel à la grève des enseignants-vacataires du département de Science Politique

 Nous, vacataires du département de science politique, travaillons depuis septembre 2014 sans aucun contrat de travail et sans rémunération. Après les diverses promesses de la DRH et de la présidence de l’université (« des contrats au 31 octobre » ; « régularisation des situations en janvier 2015 »), force est de constater que la situation est inchangée. Etant donné que le second semestre a débuté sans aucune amélioration de notre situation, la majeure partie d’entre-nous, avons décidé de se mettre en grève et appelons l’ensemble des vacataires de notre université à faire de même ; et l’ensemble des titulaires et des étudiants à se solidariser avec ce mouvement !

Nous exigeons la signature immédiate des contrats de travail pour tous les vacataires du premier et du second semestre. Et l’opération de rétention des notes se poursuit jusqu’à l’activation de la mise en paiement des vacataires.

 AG des vacataires de science politique, jeudi 22 janvier

Ces conditions sont celles de la totalité des enseignants-vacataires de Lyon 2. La DRH est responsable de cette situation. Après l’avoir alerté à plusieurs reprises, le Vice-président RH n’a rien fait pour changer la situation. Aujourd’hui la suspension des cours est le seul moyen pour se faire entendre !

Agenda militant

  • Assemblée générale des étudiants : Mardi 27 janvier, 13h30 (lieu à déterminer)
  • Assemblée générale des vacataires en lutte : Mercredi 28 janvier, 10h sous le forum de Bron

Rassemblement devant la DRH- jeudi 29 janvier à 10h    86 rue Pasteur, Lyon 7ème

Déclaration des enseignants vacataires des filières de Science Politique, d’Arts du spectacle et d’Anthropologie

Nous, vacataires des filières de science politique, d’arts du spectacle et d’anthropologie, travaillons depuis septembre 2014 sans aucun contrat de travail et sans rémunération. Après les diverses promesses de la DRH et de la présidence de l’université (« des contrats au 31 octobre » ; « régularisation des situations en janvier 2015 »), force est de constater que la situation est inchangée. Étant donné que le second semestre a débuté sans aucune amélioration de notre situation, la majeure partie d’entre-nous, avons décidé de se mettre en grève et appelons l’ensemble des vacataires de notre université à faire de même ; et l’ensemble des titulaires et des étudiants à se solidariser avec ce mouvement !

 Nous exigeons immédiate la signature des contrats de travail pour tous les vacataires du premier et du second semestre. Et l’opération de « rétention des notes » se poursuit jusqu’à l’activation de la mise en paiement des vacataires.

Face à cette situation toujours plus catastrophique nous exigeons toujours :

  • Un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative
  • Le paiement mensualisé dans le mois qui suit des heures effectuées
  • La précision dans le contrat de travail du délai de rémunérations ainsi que des « tâches annexes » à la charge d’enseignement qui doivent être rémunérées (paiement des surveillances de partiels, corrections de copies, réunions …)
  • L’envoi immédiat de la feuille de paie en même temps que le versement du salaire
  • Un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre
  • Amélioration de la visibilité des procédures de recrutement.

Mais aussi :

  • L’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF
  • La limitation à 30 étudiant-e-s par TD
  • Le remboursement des déplacements pour les vacataires n’étant pas de Lyon et le remboursement par l’université de 50% de l’abonnement de transport
  • La simplification de la procédure d’inscription en doctorat
  • La gratuité de l’inscription pour les doctorant.e.s, et étudiant.e.s employé.e.s par l’université, quel que soit leur statut
  • Une harmonisation des contrats de travail entre les différentes composantes

La rétention de notes: une action qui ne tombe pas du ciel…

Une action qui relève actuellement d’un effet d’annonce, pour régler au plus vite une situation problématique et intolérable

L’action de rétention de notes a été adoptée par le collectif de Lyon 2 pour dénoncer une situation qui ne date pas d’hier. En effet, le problème de travail sans contrat valide et les problèmes de retard de paiement (ou de non paiement) des vacataires enseignants sont un phénomène qui existe (pas seulement à Lyon 2) depuis de (trop) nombreuses années.

Au sein du collectif de Lyon 2 actuel, nous nous sommes mobilisés depuis le printemps dernier pour signaler le problème à l’administration de l’université, afin que la situation ne se reproduise pas cette année universitaire 2014-2015. Le  printemps dernier, nos courriers à l’administration n’ont fait l’objet d’aucune réponse de la Présidence (ou de l’administration en général). Depuis septembre 2014, nous nous sommes véritablement montés en collectif pour créer une mobilisation collective pour mettre fin à ce problème qui touche toutes les composantes de notre université. En octobre 2014, nous avons rencontré le Vice-président en charge des ressources humaines, M Goux une première fois pour lui exposer nos revendications et trouver des solutions rapides pour régulariser la situation des vacataires enseignants qui travaillaient depuis le début du semestre (sans contrat et sans la paye). Il nous a proposé de nous rencontrer la semaine suivante, mais il n’était pas au rendez-vous. Notre collectif l’a ensuite rencontré par la suite, où des propositions d’amélioration ont été faites, mais elles sont pour l’instant restées lettres mortes, puisque 90% d’entre nous n’ont toujours pas de contrat de travail, malgré la promesse de voir ce problème résolu au 31 octobre (dernier).

Ce problème d’obtention de contrat de travail et d’une paye pour un travail effectué (et sous payé, autour de 4 euros l’heure travaillée en réalité), n’est plus acceptable en cette fin de semestre alors que les TD touchent à leur fin, que les copies sont en train d’être achevées d’être corrigées… et donc que le gros de notre travail a été effectué sérieusement. Nous considérons qu’il est problématique car dans certains départements, les cours de TD de licence sont assurés en très large majorité par des enseignants vacataires: sans nous, vous n’auriez pas de telles conditions d’études. Nous considérons que nos conditions d’emploi et de travail portent atteinte à la qualité de notre travail, et donc à la qualité des cours (et correction) que nous donnons, et donc à la qualité de vos études.

Dès lors, nous avons opté pour la rétention administrative des notes: nous ne communiquerons pas nos notes, fruit ultime de notre travail d’enseignement du semestre à l’administration tant que notre situation n’aura pas été régularisée (contrat de travail + paye). Et ce dans le but que l’on soit sûr que l’Université Lyon 2 honore ses obligations, puisque nous refusons de travailler gratuitement pour elle.

Pour l’instant, en ce début décembre, il ne s’agit que d’un effet d’annonce d’une rétention de notes, puisque selon le calendrier universitaire, les notes sont transmises et validées par l’administration que fin janvier (2015). Cela laisse donc un délai de deux mois à la Présidence pour solutionner nos situations précaires, intolérables et extrêmement problématiques.

Quelles conséquences pour les étudiants ?

Tout d’abord cette action n’impacte aucunement la situation des étudiants pour les deux prochains mois à venir: tout reste normal. Les vacataires enseignants se sont accordés pour transmettre les notes de manière individuelle aux étudiants de leurs TD.  Il ne s’agit donc pas d’une action « contre les étudiants » ou « d’une prise d’otage », puisque la communication est maintenue et qu’une coopération sera mise en œuvre pour régler au mieux les situations individuelles problématiques.

Pour les boursiers du CROUS: votre bourse vous est attribuée sous couvert d’une obligation de présence en cours. Vos notes ne sont pas prises en compte dans l’attribution de celle-ci (ou sa suspension).

Pour les cas où cette action pourrait poser des problèmes à certains étudiants (erasmus, candidats à certains concours, etc.) : nous vous invitons à contacter vos enseignants afin qu’une collaboration soit mise en place en vue de résoudre votre situation et que cette action de rétention de notes (si elle a lieu à partir de fin janvier) ne vous porte aucun préjudice.

Ainsi si cette action n’est pas effectuée « contre les étudiants », elle peut bénéficier de leur soutien, puisque les conditions de travail et d’emplois précaires des vacataires enseignants impactent directement la qualité de leurs conditions d’études.

Cette action n’est pas non plus effectuée « contre les titulaires enseignants »: ils connaissent (plus ou moins précisément) la précarité et les problèmes que nous rencontrons. Ils savent que sans nous, ils ne pourraient assurer l’ensemble des cours et des « tâches annexes » d’enseignement (surveillance de partiels, corrections de copie, réunions pédagogiques, etc.). Ainsi, la précarité de nos situations limite nos investissements au sein des équipes pédagogiques (certains d’entre nous ont des boulots alimentaires en plus de leur charge d’enseignement, et de leur doctorat (bien souvent)). Notre situation les impacte donc également.

Cette action n’est pas non plus effectuée « contre les personnels administratifs »: certains connaissent très bien la précarité de notre situation, et tente de nous arranger au mieux (merci !). Au vu de la réduction des personnels administratifs, nous dénonçons cette gestion a minima (imposée par le haut), qui vise à permettre à l’université de fonctionner, mais qui ne permet pas de s’attaquer aux problèmes de fond qui minent sont fonctionnement. Nous nous engageons donc que la fin de cette action soit réalisée de manière concertée avec les personnels administratifs concernés, afin notamment que les secrétariats bénéficient du temps nécessaire à l’entrée des notes dans les fichiers administratifs, pour qu’elles n’aient pas à supporter le poids de cette action.

Cette action est donc un appel à solidarité et à communication autour de situations intolérables qui nous affectent tous… n’hésitez pas à nous contacter (commentaire ou email) si vous le souhaitez !

Mon année épique du fait d’un manque de moyens à l’université

J’ai été vacataire chargée d’enseignement à Lyon 2 entre 2012 et 2014. Il s’agissait de mon seul emploi parallèlement à mes études et cela constituait mon seul revenu annuel, auquel se cumulait des babysittings non réguliers. Auparavant, j’étais boursière, mais du fait de mon inscription tardive à l’université, le CROUS a refusé ma demande car « hors délais ». Mes revenus ne me permettant pas d’être indépendantes, je vis toujours chez mes parents.

Je vous présente ici comment s’est déroulée la première année de vacation d’enseignement, la plus épique de mon expérience.

En 2012-2013, j’ai été recrutée une semaine avant la rentrée pour assurer 4 TD par semaine au premier semestre. Recrutée au pied levé du fait d’un manque de vacataires (et de titulaires surtout), je n’ai pu assister aux réunions de rentrée qui s’étaient déjà tenues. Cette rentrée est chargée, je dois préparer rapidement mes séances de cours et je n’ai jamais enseigné auparavant. Pour y arriver, durant le premier mois, je travaille en moyenne 10h par séance pour préparer chaque cours (1h45). J’ai de la chance : je n’ai à assurer que deux cours différents et l’activité d’enseignement me plait. Finalement, à cause de cette charge de travail importante à laquelle s’ajoutent les réponses des mails que mes étudiants m’adressent, je m’organise avec d’autres chargés de TD pour qu’on se répartisse la préparation des séances. C’est pratique, mais dans l’idéal, je préférerais préparer mes propres cours pour mieux les maîtriser et m’adapter plus facilement aux attentes des étudiants.

En septembre, octobre et novembre, c’est la galère à chacune de mes heures de cours : je n’ai ni clés ni badge pour ouvrir mes salles de cours. Je dois donc systématiquement faire appel au secrétariat pour que l’un.e des secrétaires viennent m’ouvrir la salle. Quand mon cours commence à 18h, le secrétariat est fermé et je fais appel à mes collègues des salles voisines, en espérant qu’ils ne soient pas dans le même cas que moi. Courant novembre, miracle, l’un des titulaires a une clé en plus et me la donne ! Je la ferrai passer à mes collègues lors de semestres ultérieurs où je ne donne pas cours. Par contre, je n’aurai jamais la clé de la salle des chargés de TD et de quelques titulaires. Il me faudra entrer quand il y a déjà du monde, squatter des salles de cours vides pour travailler ou au pire aller à la bibliothèque déjà bondée. Pour ce qui est d’Internet, le wifi est capricieux car inadapté. Il fonctionne épisodiquement quand je me connecte dans le bâtiment de mon département ou à la bibliothèque depuis mon ordinateur personnel.

En cours de semestre, je me rends compte que mes étudiants n’ont pas accès aux textes étudiés en séances de TD du fait de dysfonctionnements sur la plateforme de cours (à laquelle je n’ai jamais eu accès- identifiants jamais communiqués). Toutes les semaines, j’ai une vingtaine d’emails me demandant d’envoyer les textes obligatoires. Au bout de trois semaines, comme le problème n’a toujours pas été résolu par l’administration malgré les multiples signalements du problème, je décide de le résoudre au plus vite avec mes propres moyens. Je crée donc un groupe en ligne et invite mes 160 étudiants à le rejoindre en entrant une part une leur adresse email. J’y passe deux soirées, mais au moins je permets à mes étudiants d’avoir des conditions d’études normales dans le cadre de ce cours. Souvent, ils se plaignent de ne pas trouver de place à la bibliothèque universitaire pour y travailler. Ils se plaignent aussi de ne pas trouver l’un des ouvrages de la bibliographie du cours, car les deux exemplaires disponibles sont empruntés depuis déjà 10 jours et sont tous réservés pour les semaines à venir.

Au retour des vacances de la Toussaint, soit au milieu du semestre de cours : surprise ! La DRH me contacte pour me signifier que mon statut de vacataire n’est pas valide car je ne suis plus étudiante dans mon précédent master 2 (dont j’avais fourni le certificat de scolarité et dont je ne recevrai les résultats que courant décembre), et qu’il est donc impossible pour l’université de me payer les heures de cours données et à venir. C’est donc la panique, la seule solution qui émerge grâce aux soutiens des enseignants de mon département est de m’inscrire dans un nouveau master 2 (en payant les droits d’inscription le plus rapidement possible), afin de me permettre de pouvoir tout simplement toucher la rémunération des heures de cours assurées. N’ayant aucune ressource personnelle, ce sont mes parents qui me payeront mon inscription à l’université. Mon contrat de travail est enfin validé début décembre par l’université, et mes heures me sont payées en février.

Un plan c’est profilé : un titulaire me propose de partager des heures de cours avec lui au second semestre, et a besoin que je le dépanne dans le cadre d’un TD où des intervenants extérieurs viennent présenter leurs métiers. C’est un secteur dans lequel j’ai de l’expérience et qui m’intéresse, je suis disponible et motivée pour effectuer ces heures de cours, mais voilà un autre problème se pose : celui de la limite des 96h par an (pour les enseignants vacataires).

A la fin du 1er semestre, j’avais effectué 84h. Le titulaire me propose de donner 10h de cours, et de le remplacer durant 4 séances (d’1h45) pour accueillir les intervenants. Je dépasse la limite légale et l’université refuse que les vacataires enseignants dépassent cette limite car elle ne souhaite pas –pour des raisons budgétaires- payer de cotisations. La solution que propose le titulaire est de déclarer pour son compte mes heures de travail en tant qu’heures supplémentaires travaillées. Du fait de nombreux problèmes de contrat de travail, cette déclaration est une pratique régulièrement utilisée, pour remédier officieusement aux problèmes administratifs et de politique d’emploi de l’université. Ma rémunération me sera versée plusieurs mois après la fin de mon travail.

Titulaires, contractuels et vacataires, dans l’enseignement comme dans les services administratifs, nous faisons tous les frais d’un manque de moyens et d’aberrations normatives au quotidien qui entravent notre travail quotidien.