Lettre du 29 janvier 2015 au Vice-président à la politique de l’emploi et à l’action sociale de Lyon 2

À l’attention de la Présidence et du Vice-Président à la politique de l’emploi et à l’action sociale de Lyon 2

Nous, collectif des vacataires de Lyon 2, avons décidé la grève des enseignements en TD depuis lundi 26 janvier pour dénoncer nos conditions d’emploi et de travail. Plus précisément, nous protestons contre l’absence de contrat de travail pour la majeure partie d’entre nous ainsi que les retards de paiement des salaires récurrents à l’Université Lyon 2.

Nous exigeons ainsi des engagements formels et concrets de la part de Monsieur Goux, Vice-Président à la politique de l’emploi et à l’action sociale de Lyon 2, visant à résorber les problèmes structurels de précarité de façon définitive dans notre Université. Nous ne nous contenterons plus de promesses orales non tenues comme lors de nos dernières rencontres, c’est pourquoi nous demandons une réponse écrite et signée d’ici le mardi 3 février sur les points suivants :

·         un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative
· le paiement mensualisé dans le mois qui suit des heures effectuées et l’acquittement immédiat du paiement de toutes les heures dues pour un service précédant l’année 2014-2015
· la précision dans le contrat de travail du délai de rémunérations ainsi que des « tâches annexes » à la charge d’enseignement qui doivent être rémunérées (paiement des surveillances de partiels, corrections de copies, réunions …)
· l’envoi immédiat de la feuille de paie en même temps que le versement du salaire
· la gratuité de l’inscription pour les doctorant.e.s employé.e.s par l’Université, quel que soit leur statut avec effet rétroactif sur l’année en cours
· un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre
· l’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF
· la limitation à 30 étudiant-e-s par TD
· le remboursement des déplacements pour les vacataires n’étant pas de Lyon et le remboursement par l’université de 50% de l’abonnement de transport
· la simplification de la procédure d’inscription en doctorat

Au-delà de ces revendications à court terme, nous dénonçons les politiques d’austérité budgétaire appliquées à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche qui conduisent de fait à un recours toujours plus important à des vacataires précaires pour remplir des besoins permanents. Nous souhaitons donc interpeler aussi le Ministère de l’Education Nationale sur le statut de vacataires de la fonction publique qui n’offre aucun droits sociaux essentiels telles que les cotisations au chômage et à la sécurité sociale. Cette précarité est préjudiciable tant pour les enseignants vacataires (quelque soit leur statut de doctorant ou de professionnel), mais aussi pour les étudiants, impactés de fait par le travail que nous effectuons dans ces conditions déplorables.

Nous reviendrons le mardi 3 février en fin de journée pour obtenir une réponse de la Direction des Ressources Humaines sur ces revendications. Nous déciderons ensuite collectivement de la poursuite de la grève ou non en fonction de cette réponse.

Le collectif des vacataires de Lyon 2

Publicités

Appel à mobilisation – semaine du 26 janvier

« Si vous n’avez pas de contrats de travail, vous n’êtes pas tenu de donner cours »

                  Jean François Goux, Vice-Président à la politique de l’emploi et à l’action sociale

Appel à la grève des enseignants-vacataires du département de Science Politique

 Nous, vacataires du département de science politique, travaillons depuis septembre 2014 sans aucun contrat de travail et sans rémunération. Après les diverses promesses de la DRH et de la présidence de l’université (« des contrats au 31 octobre » ; « régularisation des situations en janvier 2015 »), force est de constater que la situation est inchangée. Etant donné que le second semestre a débuté sans aucune amélioration de notre situation, la majeure partie d’entre-nous, avons décidé de se mettre en grève et appelons l’ensemble des vacataires de notre université à faire de même ; et l’ensemble des titulaires et des étudiants à se solidariser avec ce mouvement !

Nous exigeons la signature immédiate des contrats de travail pour tous les vacataires du premier et du second semestre. Et l’opération de rétention des notes se poursuit jusqu’à l’activation de la mise en paiement des vacataires.

 AG des vacataires de science politique, jeudi 22 janvier

Ces conditions sont celles de la totalité des enseignants-vacataires de Lyon 2. La DRH est responsable de cette situation. Après l’avoir alerté à plusieurs reprises, le Vice-président RH n’a rien fait pour changer la situation. Aujourd’hui la suspension des cours est le seul moyen pour se faire entendre !

Agenda militant

  • Assemblée générale des étudiants : Mardi 27 janvier, 13h30 (lieu à déterminer)
  • Assemblée générale des vacataires en lutte : Mercredi 28 janvier, 10h sous le forum de Bron

Rassemblement devant la DRH- jeudi 29 janvier à 10h    86 rue Pasteur, Lyon 7ème

Déclaration des enseignants vacataires des filières de Science Politique, d’Arts du spectacle et d’Anthropologie

Nous, vacataires des filières de science politique, d’arts du spectacle et d’anthropologie, travaillons depuis septembre 2014 sans aucun contrat de travail et sans rémunération. Après les diverses promesses de la DRH et de la présidence de l’université (« des contrats au 31 octobre » ; « régularisation des situations en janvier 2015 »), force est de constater que la situation est inchangée. Étant donné que le second semestre a débuté sans aucune amélioration de notre situation, la majeure partie d’entre-nous, avons décidé de se mettre en grève et appelons l’ensemble des vacataires de notre université à faire de même ; et l’ensemble des titulaires et des étudiants à se solidariser avec ce mouvement !

 Nous exigeons immédiate la signature des contrats de travail pour tous les vacataires du premier et du second semestre. Et l’opération de « rétention des notes » se poursuit jusqu’à l’activation de la mise en paiement des vacataires.

Face à cette situation toujours plus catastrophique nous exigeons toujours :

  • Un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative
  • Le paiement mensualisé dans le mois qui suit des heures effectuées
  • La précision dans le contrat de travail du délai de rémunérations ainsi que des « tâches annexes » à la charge d’enseignement qui doivent être rémunérées (paiement des surveillances de partiels, corrections de copies, réunions …)
  • L’envoi immédiat de la feuille de paie en même temps que le versement du salaire
  • Un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre
  • Amélioration de la visibilité des procédures de recrutement.

Mais aussi :

  • L’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF
  • La limitation à 30 étudiant-e-s par TD
  • Le remboursement des déplacements pour les vacataires n’étant pas de Lyon et le remboursement par l’université de 50% de l’abonnement de transport
  • La simplification de la procédure d’inscription en doctorat
  • La gratuité de l’inscription pour les doctorant.e.s, et étudiant.e.s employé.e.s par l’université, quel que soit leur statut
  • Une harmonisation des contrats de travail entre les différentes composantes

Les effectifs de TD: réalités problématiques et souhaits d’amélioration des conditions d’études (et de travail)

Dans nos revendications nous nous mobilisons sur les effectifs de cours de travaux dirigés.

D’une part, parce que nous assurons des cours de TD dont les effectifs dépassent généralement les 40 étudiants, alors que les plaquettes universitaires de licence annoncent des cours à « une quarantaine d’étudiants », effectif qui ne permet pas d’effectuer un travail d’interaction orale en cours de qualité avec les étudiants.

En effet, nous constatons que ce sont principalement 5 à 7 étudiants (généralement les mêmes) qui participent activement au cours. Dans le meilleur des cas une dizaine d’étudiants participe de temps en tant en cours. Au sein d’une classe de 40 étudiants, à la fin du semestre (selon la méthode de gestion de la parole au sein de la classe de l’enseignant) nous n’avons quasiment jamais entendu la voix d’environ 5 étudiants.

Par ailleurs, notre rémunération n’est pas indexée sur le nombre d’étudiants que nous avons en cours. Dans le cadre des cours de TD, quand nos effectifs dépassent les 40 étudiants (dans le cas idéal où nous avons un contrat de travail et nous sommes rémunéré.e.s), nous effectuons du travail considéré comme gratuit s’agissant des effectifs supplémentaires (correction de copies, gestion d’un groupe d’étudiants plus nombreux…), qui ne donne lieu à aucune reconnaissance et qui pénibilise le travail de tous (enseignants et étudiants).

D’autre part, parce qu’il nous semble qu’un effectif de 30 étudiants par cours de TD serait bien plus favorable aux conditions d’études des étudiants, à l’instar de plusieurs syndicats (Unef, FSE…) et comme cela a été démontré dans plusieurs études scientifiques.

Cette question des effectifs influe directement sur le temps que nous passons à la correction des copies des étudiants.
Par exemple, quand au cours du semestre, nous savons que nous avons (environ) deux copies (contrôle de mi-parcours, synthèse, commentaire, dissertation…) par étudiant à corriger, et que nous avons 4 groupes d’étudiants: nous passons entre 10 et 15 minutes par copie. Ce volume horaire est indicatif et varie sensiblement selon la nature de l’exercice et la qualité de la copie.
Si notre effectif est de 40 étudiants par classe : nous passons environ 40 heures de correction. Si notre effectif est de 42 étudiants par classe: nous passons environ 2 heures de plus.
Ce travail de correction étant considéré comme un tâche annexe à notre mission d’enseignement, il n’est pas rémunéré en tant que tel.
Si l’on prend en considération ce dernier point, cela peut expliquer que certains enseignants prennent moins de temps à annoter les copies quand ils les corrigent. Ce système influe donc directement que le temps consacré à chaque étudiant par l’enseignant (par exemple dans le cas où il aurait par ailleurs un petit boulot alimentaire), et à sa disponibilité à lui donner des conseils (annotations sur la copie ou réponses aux emails).

S’agissant des cours de langues dont les effectifs tendent à augmenter, nous considérons ce phénomène comme particulièrement préjudiciable à l’apprentissage des langues.
Comment pratiquer l’anglais dans un cours à 50 étudiants ?
Comment espérer donner une formation de qualité en langues, à des étudiants motivés pour partir à l’étranger quand certains ne parlent qu’une ou deux fois dans le semestre la langue qu’ils apprennent ?
Comment commencer à apprendre une nouvelle langue dans une classe à 50 étudiants ?
Souvenez-vous au lycée, c’était déjà difficile de pratiquer les langues à l’oral dans une classe avec 25 étudiants !
Ce système favorise donc les étudiants les plus favorisés, qui ont les moyens d’effectuer des séjours à l’étranger, des cours particuliers, des cours intensifs … et accentuent la sélection sociale.

Nous nous mobilisons contre des effectifs à plus de 40 étudiants, qui ne permettent pas d’assurer un enseignement interactif de qualité.

Nous nous mobilisons en faveur de cours de TD à 30 étudiants maximum, pour pouvoir donner des cours de qualité.

Nous avons parfaitement conscience que ce positionnement est contraire aux politiques actuelles d’austérité dans l’enseignement supérieur. Cependant, de tels effectifs existent actuellement dans des structures aussi variées que les IUT (moyenne de 25 par classe), les Instituts d’Etudes Politiques (25 par classe de TD dans celui de Lyon), les ENS, etc.

Mais qu’est-ce que cela implique ?

Nous ne souhaitons pas (comme cela risque d’être le cas dans certaines filières universitaires dans les prochaines années) qu’une sélection se mette en oeuvre à l’entrée à l’université ou dans certaines filières.
Nous souhaitons un investissement conséquent de l’Etat et par conséquent de notre université, afin que l’enseignement des étudiants qui le souhaitent puissent s’inscrire dans la filière de leur choix en licence (sans sélection géographique, sans tirage au sort, sans sélection par les notes du bac, sans exclusion des personnes venant d’autres filières qui souhaitent se réorienter l’année suivante). Il s’agirait d’accroitre le nombre de groupe de travaux dirigés et d’enseignement des langues, en investissant dans des emplois (principalement d’enseignants titulaires, mais aussi du personnel administratif formé qui permet d’assurer le bon fonctionnement de l’université).

Un CDD pour assurer des vacations d’enseignement en tant que doctorants, c’est possible à Bordeaux !

La situation peut changer comme le montre la mobilisation de l’année dernière et les négociations qui ont suivi à l’Université de Bordeaux: http://doctorantsshs.blogspot.fr/2014/06/adoption-du-cdd-lru-pour-le.html

A Lyon 2, nous continuons notre mobilisation pour des revendications perçues comme légitimes par une grande partie de la communauté universitaire (nous avons reçu un grand nombre de témoignages et de soutiens extérieurs et internes).
Des mobilisations similaires ou proches ont déjà eu lieu les années précédentes, et ont également lieu actuellement dans d’autres parties de la France.

Un consensus semble se dessiner autour de la lutte contre la précarité dans l’université et la recherche en France dans une perspective unitaire (étudiants, vacataires, BIATOSS, agents administratifs, titulaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, etc.).
Les vacations, notamment les vacations d’enseignement, font partie des statuts les plus précaires de l’enseignement supérieur.

Pour l’heure, ma quasi-totalité des membres du collectif n’a toujours pas de contrat de travail, alors que les cours du premier semestre touchent bientôt à leur fin.
Cette situation ne peut se justifier par un simple contexte d’austérité et un problème du fonctionnement des services administratifs de l’Université, elle est le fait d’un choix politique et d’une mauvaise gestion de la question des vacataires au sein de l’Université Lyon 2 (puisque la situation n’est pas nouvelle, elle a été dénoncée à plusieurs reprises il y a plusieurs années, ce qui n’a pas donné lieu à un changement de politique de gestion de la question).

Appel à coordination nationale des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche les 6 et 7 décembre à Paris

Dans l’ensemble des structures de l’enseignement supérieur et de la recherche (universités, écoles,laboratoires, etc), la précarisation des étudiant·e·s, doctorant·e·s et personnel·le·s administratifs et de recherche ne cesse de croître.

Dans un contexte de réduction drastique des financements des services publics, et de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) en particulier (amputation de 20% pour les dotations de 2014), on assiste à une destruction planifiée des services publics et donc de nos conditions d’études et de travail, à un accroissement du nombre de non-renouvellement des postes de titulaires, et à une banalisation du recours aux contrats courts non-renouvelés pour des postes pourtant essentiels aux missions d’enseignement et de recherche, transformant ainsi progressivement la précarité en norme d’emploi dans l’ESR.

Tout cela débouche sur une dégradation des services publics dans lesquels nous travaillons, au détriment des salarié·e·s techniques, administratifs et de recherche, dont les conditions de travail se détériorent à grand pas, mais aussi des étudiant·e·s et jeunes chercheurs/euses, qui font face à des structures de moins en moins capables de répondre à leurs besoins, ainsi qu’à un manque criant de perspectives d’emploi dans l’ESR.

Nos conditions d’étude et de travail se précarisent, avec tous les effets délétères qui l’accompagnent :accroissement des inégalités sociales et économiques entre étudiant·e·s, financement des études et de la recherche en recourant à des petits boulots précaires ou allocation chômage, injonctions au travail gratuit et »volontaire », augmentation de la charge de travail, renforcement du pouvoir des hiérarchies, absence de perspectives professionnelles, banalisation du stress dans nos vies, sentiment de perte de sens de notre travail,etc.

Cette situation est dramatique et ne peut continuer. Or elle ne peut être résolue durablement au seul niveau local, parce que ses racines sont plus profondes (baisse généralisée des budgets des services publics,politiques nationales de transformation progressive des universités en entreprises privées), mais aussi parce qu’à l’échelle locale nos forces sont plus limitées.

Notre dispersion actuelle est une entrave à nos réussites. Elle nous empêche de construire un véritable rapport de force face au gouvernement et de visibiliser nos luttes et nos revendications. Cela débouche parfois sur de la frustration, l’impression de ne pas avoir de prise sur nos conditions de travail. Il est grand temps d’y remédier ! Face à la précarité, la solidarité est notre seule arme !

Pour retrouver notre dignité et garantir un service public de l’ESR, nous appelons donc l’ensemble des regroupements de précaires (collectifs, associations, syndicats locaux, etc) existant dans les diverses structures d’enseignement supérieur et de recherche de France à participer à une réunion nationale le week-end des 6 et 7 décembre sur Paris, afin de:

– discuter des modalités d’échanges et de mise en commun de nos situations et revendications locales face à la précarité dans l’ESR, 

– envisager les possibilités de coordination de nos activités à une échelle nationale, tout en respectant évidemment la diversité de nos situations locales.Le lieu exact de la réunion sera annoncé prochainement.

N’oubliez-pas de prévenir de votre présence en écrivant à l’adresse suivante : victorine.triolet@gmail.com

NB : les collectifs parisiens prendront en charge le logement des membres des collectifs de province assistant à la réunion. Nous appelons par ailleurs les collectifs parisiens à organiser des collectes d’argent afin de partager les coûts de transport avec ceux de province.

Signataires de l’appel : Collectif contre la Précarité de l’EHESS et dans l’ESR, Collectif des vacataires et précaires de l’Université Lyon 2, SUD-Education Paris 1.

Revendications centrales : le respect du droit du travail

Notre mobilisation est née d’un ras-le-bol concernant un non-respect du droit du travail dans le cadre de notre travail de vacataire à l’Université Lyon 2. Cette situation n’est pas pas nouvelle et c’est une situation présente dans bien d’autres universités.

Nous exigeons que le droit du travail soit enfin respecté pour les vacataires de l’enseignement supérieur:

– Exonération des frais d’inscription pour les vacataires employés à l’université (qui y sont également étudiants).

– Rémunération prenant en compte les heures réelles de travail effectuées et paiement par l’université des cotisations sociales associées.

Paiement mensualisé des heures effectuées dans le mois à la fin du mois.

– Augmentation massive du nombre de contrats statutaires (contrats doctoraux, ATER, MCF).

– Signature d’un véritable contrat de travail à durée déterminée avant le début des cours.

Transparence sur les critères de recrutement et la publicité des offres.

Engagement ferme de l’employeur sur un volume horaire et un emploi du temps un mois avant le premier cours.

– Prise en charge d’une couverture maladie par l’employeur.