Communiqué de presse du 29 janvier 2015 des vacataires enseignant.e.s de Lyon 2 en lutte

Les vacataires enseignant.e.s de science politique, d’arts du spectacle et d’anthropologie de l’Université Lumière Lyon 2 sont en grève depuis lundi 26 janvier afin d’attirer l’attention de la présidence de l’université sur leurs conditions de travail dramatiques.

Depuis le début des enseignements au mois de septembre, les vacataires n’ont pas de contrat de travail et, par conséquent, n’ont fait l’objet d’aucune rémunération. Certain.e.s de ces enseignant.e.s ne sont toujours pas payé.e.s pour des heures effectuées pour l’année universitaire 2013-2014.

 Cette situation n’est plus tenable, elle doit désormais être connue de tou.te.s.

 Aujourd’hui jeudi 29 janvier, près de 170 personnes, vacataires mobilisé.e.s et étudiant.e.s solidaires, se sont rassemblées devant la Présidence de Lyon 2 afin de manifester leur colère et d’exiger des réponses à leurs attentes.

Face à une énième promesse orale (après « des contrats signés pour tous les vacataires au 31 octobre », puis « régularisation de la situation au plus tard en janvier », nous avons cette fois-ci eu droit à : « les contrats de travail seront délivrés d’ici 15 jours »), au mépris, à la défiance et au rejet dont les enseignant.e.s vacataires ainsi que les étudiant.e.s font l’objet de la part de l’équipe présidentielle, les grévistes, soutenus par les étudiant.e.s, ont remis en main propre à M.Péguy, vice-président élu aux Finances, un courrier avec des revendications explicites, exprimées collectivement, exigeant une réponse écrite ainsi que des actes concrets d’ici mardi 3 février. Durant ce délai la mobilisation continuera, et elle se poursuivra tant que ces exigences n’auront pas été entendues.

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Compte-rendu de la rencontre avec le DRH début novembre

Mercredi 5 novembre 2014 à 10h nous nous étions donner rendez-vous sous les fenêtres de la présidence. Il y avait une trentaine de personnes dont une vingtaine de vacataires du centre d’inscription.
Nous avons rencontré le DRH puisque monsieur Mayaud ne pouvait pas nous recevoir. Seulement une dizaine de personnes ont pu pénétrer dans le bâtiment présidentiel. La rencontre a eu lieu dans le hall d’entrée.
Le DRH nous a raconté avoir fait quelques efforts:
– les directeurs de composantes auraient reçu une circulaire qui précise que les enseignants-vacataires ont juste besoin de la validation SIGED et d’une lettre de leur directeur de thèse pour avoir le droit à un contrat de travail. Le paiement des frais d’inscription n’est donc pas obligatoire. A voir avec les directeurs de composantes.
– les heures de surveillance de partiels pour lesquels on est convoquées (attention pas le CM du TD que l’on donne, mais tout autre partiel) pourront être payées… en heure normale (8 euros de l’heure). Il faudra se renseigner pour savoir comment on met en place le paiement et si cela demande un autre contrat de travail.
– il nous a dit avoir mis à l’étude l’exonération des frais d’inscription pour les doctorants. La réponse sera donnée lors du vote du budget prévisionnel 2015 au prochain CA.
– il a demandé à ce que l’édition de la fiche de paie soit accélérée, mais il ne faut pas espérer recevoir sa fiche de paie du mois à la fin du mois ce qui posera donc toujours des problèmes face à Pôle emploi.
Ca bloque toujours:
– pas question de parler de contractualisation des vacataires, cela serait impossible.
– toujours pas de mensualisation, impossible selon lui, alors que le Président avait raconté à la délégation des Arts du spectacle que pour cela il faudrait trois emplois à temps plein en plus au service des paies (ce qui était impossible aussi en raison du déficit de 900 000 euros).
La direction se dédouane sur : la menace de la mise sous tutelle, la faute au gouvernement qui ne donne plus d’argent, la réglementation de l’ESR. Tout ça rendrait impossible nos revendications.
Le bilan de cette rencontre et la position que le collectif adoptera par rapport à ce bilan pour continuer à maintenir la pression et élargir aux services administratifs seront abordés au cours d’une prochaine réunion.

Bilan des actions -début octobre

Après quelques premières réunions en septembre, notre mobilisation se met en place pour améliorer nos conditions de vacataires précaires à l’université. Pour l’instant, nous sommes principalement des vacataires enseignants. De ce fait nous centrons nos revendications sur l’amélioration de nos conditions de travail. Cependant, nous nous positionnons en faveur d’une augmentation des moyens alloués à l’enseignement et à la recherche dans les universités en France du fait de la politique d’austérité aux conséquences inquiétantes menée par l’actuel gouvernement.

Dès la mi-septembre, des tracts ont été posé chaque semaine sur le campus de Bron et le campus des quais pour sensibiliser les vacataires et le reste des personnes fréquentant l’Université Lyon 2.

Dans le cadre de la mobilisation Sciences en marche, nous avons tenu à être présent dans le but de mieux informer de notre situation à l’université. Ainsi, le samedi 4 octobre place Sathonay, dans une ambiance festive, une table d’information a été tenue. Le dimanche 5 octobre dans l’amphithéâtre Mérieux, quelques uns d’entre nous ont présenté leurs travaux de thèse en soulignant l’importance de la recherche et de l’enseignement en sciences sociales. Ces deux jours ont été l’occasion de diversifier nos contacts et de sensibiliser les personnes présentes à notre situation particulièrement précaire.

Mercredi 8 octobre, à la suite d’un appel à rassemblement, une trentaine de personnes se sont mobilisées pour établir un dialogue avec la DRH de l’Université Lyon 2. En effet, depuis plusieurs mois déjà, nos courriers à la DRH, soulignant d’importants problèmes et la précarité des conditions de travail des vacataires enseignants, étaient restés sans réponse. Nous avons pu rencontrer collectivement le Vice-président chargé des ressources humaines, M. Goux, pour lui faire part de nos problèmes et lui présenter nos revendications. Un dialogue a donc enfin été établi et des promesses de faire remonter nos revendications à la présidence ont été réalisées par M. Goux. Ce dernier a adopté une position d’écoute relative, en acquiesçant sur la non-obligation pour les enseignants vacataires à travailler sans contrat de travail au sein de l’université. Son discours a largement souligné l’importance du contexte d’austérité comme facteur explicatif et justificatif des grandes difficultés de la direction à (potentiellement) améliorer nos conditions de travail et accueillir positivement nos revendications. Il a également insisté sur la difficulté de faire évoluer le fonctionnement des services administratifs, usant d’une rhétorique technique pour justifier sa marge de manœuvre limitée pour améliorer notre situation et nos conditions de travail. Cette première rencontre sera suivie d’une nouvelle rencontre mercredi 15 octobre.

Jeudi 9 octobre, plusieurs d’entre nous ont participé à deux rassemblements qui ont eu lieu sur le campus de Bron. Un comité de mobilisation étudiant a eu lieu, appelant à une mobilisation de soutien aux étudiants faisant l’objet d’une condamnation par le TGI et d’une convocation en conseil disciplinaire à Lyon 2, et dénonçant la réduction des moyens et la dégradation des conditions d’études à l’université. Par ailleurs, une assemblée générale était organisée au sein du département d’Arts du spectacle, témoignant d’une mobilisation forte des enseignants et des étudiants contre la réduction des moyens et la dégradation des conditions d’études (et d’enseignement) dans un secteur particulièrement touché par la politique budgétaire d’austérité adopté par la direction de Lyon 2. Cette AG d’Arts du spectacle a notamment voté le soutien à notre mouvement de mobilisation des vacataires précaires. D’autres réunions sont à venir dans ce département.

Jeudi 9 octobre dans la soirée, quelques uns d’entre nous se sont rendus à une réunion du groupe lyonnais d’Alternative A l’Austérité (AAA) pour témoigner de nos conditions d’emplois et de travail auprès d’une quarantaine de personnes venant d’horizons politiques, syndicaux et associatifs variés. Nos témoignages ont reçu un accueil positif, faisant écho à des situations précaires présentes dans les autres services publics et de nombreux autres secteurs de la société, attribuées aux politiques d’austérité imposées au niveau français et européen.