Rencontre avec le collectif des vacataires à l’Université Lyon 1 (Campus de la DOUA)

Ce mardi 3 mars 2015 de 12h30 à 14h30, nous invitons étudiant.e.s, enseignant.e.s et personnels de la DOUA  à venir rencontrer les enseignant.e.s-vacataires mobilisé.e.s de Lyon 2 à l’Amphi 2 du déambulatoire.

A noter que les membres du personnel ont le droit de s’absenter pendant ce créneau horaire suite à l’acceptation de la demande d’heures d’informations syndicales par le Président de l’Université.

Enfin, pour celles et ceux qui n’auront pas l’occasion de venir échanger avec la délégation du collectif, vous pouvez nous contacter et témoigner de votre situation à cette adresse:

collectif.precarite@douaalter.lautre.net

Pour plus d’informations, vous trouverez le  tract de l’appel à rencontre ici.

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Nous sommes solidaires, il y a toujours une dizaine de vacataires sans contrat!

Quelle désinformation de la part de l’équipe présidentielle!
Réunis en AG le 26 février, nous avons compté que 10 de nos camarades n’avaient toujours pas de contrat de travail
.
Ils n’en ont même pas vu la couleur!

On nous renvoi à des problèmes de papiers manquants, mais s’il s’agit d’attestation de sécurité sociale, sachez que la CPAM a dit explicitement aux concernés que leur numéro de sécurité social suffisait!

Etudiant.e.s, exprimez-vous, soutenez-nous face à l’équipe présidentielle

Parce que l’équipe présidentielle nous impose des conditions de travail qui nous plongent dans la précarité, parce que cette situation intolérable impacte directement la qualité d’une formation que vous êtes en droit d’exiger; n’hésitez pas à vous adresser directement aux responsables qui mettent en péril l’université, vos études, votre avenir!

Pour des profs déclarés, payés, des TD non surchargés, soutenez nos revendications et exprimez-vous auprès des principaux intéressés à ces adresses :

presidence@univ-lyon2.fr

pierre-yves.peguy@univ-lyon2.fr

jean-francois.goux@univ-lyon2.fr

v.fabre@univ-lyon2.fr

A noter pour les personnes souhaitant rencontrer la DHR:

La Direction des ressources humaines et le Service général d’action sociale déménagent du 2 au 10/03.

À compter du 25/02 jusqu’au 11/03 : fermeture de la DRH au public, les services pourront être contactés par courriel et téléphone uniquement. La semaine du déménagement, la DRH ne sera pas joignable.

Soutien en dessin par la docteure et dessinatrice Tiss

Parce que la situation déplorable des vacataires n’est pas propre aux membres du collectif de Lyon 2, mais qu’il s’agit d’une situation extrêmement problématique à l’échelle nationale …

Soutien en dessin par la docteure et dessinatrice Tiss reçu par le collectif.

Pour retrouver les dessins de Tiss, qui témoignent de manière humoristique et cynique de la situation actuelle des doctorants et docteurs en général… voici le lien vers son site Internet « la thèse nuit gravement à la santé » !

Doc et cie 3

Message de soutien du Collectif des Précaires de l’Ehess

 » Après les canuts tous nus, c’est les précaires en colère qu’on entend gronder depuis Lyon jusqu’à Paris et au-delà !
Mobilisation, rétention de notes, grève… C’est avec passion et émotion qu’on suit le rythme de vos luttes à Lyon II…
Çà nous donne plein d’énergie pour continuer la mobilisation ailleurs et une grande envie de venir vous retrouver pour apporter un peu de soutien et causer de vive voix du contexte et de la méthode.
Camarades lyonnais précaires, les précaires de l’EHESS sont avec vous !

Paris, le 15 février 2015 « 

Nos pensées solidaires vont à vous,

Le Collectif des Précaires de l’EHESS

Lettre ouverte aux titulaires de l’Université Lyon 2

Cher.e.s titulaires,

Dans une lettre de solidarité aux vacataires signée par un grand nombre d’entre vous et adressée à la présidence fin janvier 2015, vous avez manifesté votre soutien envers les personnels vacataires en exprimant un certain nombre de souhaits, notamment celui « que l’on puisse travailler dans des conditions dignes à l’Université ». Vous avez également demandé à la présidence de nous « recevoir dans les plus brefs délais afin que cette dernière puisse « proposer une solution rapide et acceptable » à une situation qui n’est, sur le plan pédagogique comme sur le plan humain, plus tenable. Si nos conditions de travail – si c’est bien de travail dont il est encore question, ce dont il est légitime de douter au vu de l’absence de reconnaissance que l’on nous témoigne – sont un souci majeur dans nos vies quotidiennes puisqu’elles engendrent des situations de forte précarité et nous plongent dans un marasme nuisible à nos travaux de recherche,  il nous semble que vous êtes également concernés.

Vous êtes à la jonction du colmatage budgétaire, celui qui permet aujourd’hui d’employer des vacataires au lieu de ce qui, il y a dix ans, était la norme : l’ATER. Vous n’en êtes pas directement responsables certes, mais votre implication est indéniable. Cette diminution  des fonds attribués à l’université a déjà largement empiété sur la définition de votre travail, en vous chargeant de nombreuses tâches administratives, dont l’embauche de personnel vacataire est seulement un des exemples. Dans ce sens, votre soutien est de fait un poids conditionnel à la résolution de cette situation conflictuelle.

En effet, cette dernière ne peut pas se résoudre sur la base de simples promesses. Nous avons décidé d’être solidaires avec tous les vacataires en attente d’un contrat de travail, du paiement des heures effectuées au semestre dernier, mais aussi de l’exonération des frais d’inscriptions que nous considérons comme un « droit d’entrée » au poste de vacataire. Nous souhaitons également que notre rémunération soit mensualisée et, finalement, obtenir des garanties pour que la situation insensée que nous vivons cette année ne se reproduise pas les années suivantes. Jusqu’à présent, et au regard des éléments de réponse que nous a transmis l’équipe présidentielle (la signature de contrats d’engagements que certains d’entre nous n’ont toujours pas eu entre les mains à ce jour), nous pensons que vous conviendrez que nos revendications n’ont pas été entendues.

Il semblerait que les procédures de régulations de nos situations, de la signature de nos contrats à la mise en paiement partielle de notre travail effectué, soient en cours. Cependant, nous ne pouvons pas reculer alors que nous n’avons fait qu’obtenir une gestion de nos problèmes dans l’urgence et ce sans aucun engagement de la part de l’équipe présidentielle concernant l’ensemble de nos revendications. Par ailleurs, le DRH en charge des enseignants (Thénoz), nous a confirmé l’impossibilité d’obtenir un contrat de travail (même un pré-contrat) avant le début de nos cours en septembre prochain. Actuellement, certains d’entre nous n’ont toujours pas reçu de contrat, d’autres vacataires employés pour le second semestre se voient contraints d’attendre une décision sur leur contrat. Pour d’autres cette situation provient du fait qu’ils doivent justifier d’une assurance sociale pour laquelle ils doivent attendre qu’une autre administration leur fournisse ces justificatifs puisque les documents qu’ils ont déjà fournis sont aujourd’hui périmés, vu le délai de traitement des dossiers.

Cette situation est intolérable ! Et nous estimons que cette injonction de rendre les notes du premier semestre, alors que des vacataires attendent toujours leurs payes pour l’année 2013-2014, n’est pas justifiable. Nous tenons à vous informer du fait que nous avons choisi de continuer cette rétention de notes et notre action de grève jusqu’au vendredi 27 inclus afin d’être sûrs que notre dû sera versé sur nos comptes.

Ce que nous attendons de votre part, c’est un geste de solidarité et d’investissement à nos côtés. Nous représentons une partie non-négligeable du corps enseignant. Une partie si précarisée, exposée et méprisée que nous avons le sentiment d’être presque invisibles. Votre soutien serait un moyen de nous rendre visibles et d’apparaître à vos côtés, luttant ensemble pour une université meilleure. Suite aux discussions engagées auprès des enseignants vacataires, nous avons envisagé plusieurs moyens d’action que nous souhaitons vous proposer.

Tout d’abord, afin de manifester votre soutien envers nous, nous vous invitons à rejoindre notre mouvement de grève pendant une semaine. Cet engagement à nos côtés permettrait à la présidence de comprendre que le problème des vacations ne doit pas être pensé exclusivement en termes de pure logique comptable et financière. Il s’agit d’une refonte complète du projet universitaire envers lequel nombre d’entre nous (et très certainement nombre d’entre vous) exprimons notre désaccord. Toutefois, vous devez comprendre que nous ne pouvons pas rester silencieux plus longtemps : tout comme nous l’avons fait, nous vous invitons à prendre acte du fait que nul d’entre nous ne sortira indemne des mutations institutionnelles qui se mettent en branle actuellement. Nous vous invitons également à reconsidérer les requêtes que vous avez exprimées auprès de nous en ce qui concernent la remise des notes.
Comment tenir des jurys lorsque la moitié des notes ne sont pas remises ?  Comment nous demander de rendre des notes alors que le conflit qui nous oppose à l’équipe présidentielle n’a jamais été aussi loin d’être réglé ?
Concernant ces questions, pourquoi ne pourriez-vous pas décider de tenir les jurys à partir du mois de mars pour nous laisser le temps d’obtenir des engagements précis de l’équipe présidentielle concernant les revendications susmentionnées, car vous le savez, l’équipe présidentielle pourrait très bien décider de prendre des sanctions à notre égard quand bien même le statut de vacataire stipule qu’aucun lien de subordination directe ne nous soumet à la hiérarchie.

Nous n’avons pas demandé à la présidence le simple paiement de nos heures. Nous avons demandé des engagements fermes, notamment pour qu’une telle situation ne se reproduise pas avec d’autres, car nous sommes soucieux des conditions dans lesquelles les prochains vacataires seront amenés à enseigner à l’université. Nous avons demandé que notre maigre salaire qui nous permet de vivre dans des conditions minimales ne soit pas amputé à 20 % (pour les plus chanceux d’entre nous qui avons fait un service de 96 heures en un semestre) pour payer des frais d’inscriptions qui conditionnent notre « employabilité » et ce, pour faire des économies sur les cotisations sociales. Nous ne toucherons pas d’allocations chômage de fait à la suite d’un tel emploi. Nous considérons d’ailleurs, comme cela se fait dans d’autres universités, que le service que nous rendons en donnant des cours pourrait être lui-même rendu sous la forme de l’exonération des droits d’inscriptions. Cette procédure s’applique déjà aux vacataires administratifs de Lyon 2, pourquoi ne pas l’appliquer aux vacataires enseignants au nom de l’égalité de traitement des personnels ? Cela implique, pour ceux qui les ont déjà payés cette année, qu’ils en soient remboursées. Nous avons également demandé que nos heures soient mensualisées car ce n’est qu’un simple processus administratif qui empêche qu’une telle requête soit considérée comme infaisable.

Nous sommes conscients que nous sommes une main-d’œuvre malléable puisque nous acceptons ces conditions afin de préparer aujourd’hui notre avenir professionnel. Car en effet, d’une part enseigner nous permet de ne pas avoir à effectuer un travail sans lien avec nos projets professionnels et, d’autre part, nous y sommes bien contraints, notamment en vue des qualifications, si nous voulons poursuivre notre carrière à l’université. De toute façon nous considérons que notre avenir est incertain puisque trop peu de postes sont ouverts à l’échelle nationale pour tous nous employer, nous qui sommes censés faire partie du monde de la recherche de demain.
En définitive, nous demandons simplement une harmonisation des moyens administratifs et pédagogiques qui conditionnent notre place dans l’université.

Vous êtes ceux par qui de telles demandes peuvent se concrétiser.

Les enseignants vacataires de l’université

Réponse à la présidence lue au rassemblement devant la DRH le jeudi 12 février

Nous, vacataires précaires de l’Université Lyon2, sommes réuni-e-s en ce jour (jeudi 12 février 2015) devant les locaux de la présidence de l’université pour réagir à la lettre de l’équipe présidentielle qui se présente comme une réponse à nos revendications. Nous nous présentons ici fort du soutien d’une majorité d’étudiants et de personnels, preuve en est le courrier des titulaires que plusieurs départements vous ont adressé, la suspension des jurys dans 5 facultés, la popularité du mouvement chez les étudiants, et bien évidemment le nombre que nous sommes aujourd’hui.

Pour commencer, nous prenons acte de votre réponse tardive que nous aurions souhaitée plus précoce. Votre diligence subite aboutit en bout de course à reporter la responsabilité de votre politique RH désastreuse sur les gestionnaires de composantes, contraints d’assumer en quelques jours le traitement de dossiers normalement échelonné sur plusieurs mois, avec qui plus est moitié moins de temps pour la saisie sur logiciel.
Concernant les derniers dossiers rejetés (1 sur 5), vous n’êtes pas sans savoir que vous avez vous même créé les conditions de leurs rejets par vos délais de traitement. Vous avez beau jeu de nous reprocher ensuite l’existence de justificatifs trop anciens dans ces dossiers (déposés à l’heure) pour justifier de vos délais anormalement longs…

La question aujourd’hui pour nous est de savoir quelles dispositions effectives vous allez prendre pour que cette situation ne se reproduise pas à la rentrée prochaine.

La lettre que nous avons reçue est signée par « l’équipe présidentielle ». Mais où est cette équipe quand il s’agit d’honorer les promesses faites par l’un ou l’autre de ses membres ? En octobre dernier, M. Jean-François Goux, votre Vice-président à la politique de l’emploi et à l’action sociale (sic), s’était engagé à rémunérer les surveillances de partiels pour lesquelles nous sommes ponctuellement réquisitionnés. Notre demande allait bien évidemment au-delà et portait sur l’ensemble des partiels que nous sommes amenés à surveiller, qu’il s’agisse de ceux d’autres enseignants ou bien ceux liés aux CM des TD que nous donnons, ainsi que sur les corrections de copies que les titulaires ne sont pas en capacité d’assurer eux-mêmes en raison de la charge monumentale de travail qui leur incombe déjà. M. Goux s’était, a minima, engagé sur la rémunération des surveillances de partiels concernant d’autres enseignements que les nôtres. Et voilà que vous revenez sur votre promesse en alléguant le manque de moyens ! A moins que Mr Goux ne fasse pas partie de « l’équipe présidentielle »?

Mais le manque de moyens, que ce soit pour la réduction des effectifs en TD, le paiement des heures travaillées (toutes, même celles que vous faites passer en « tâches annexes ») ou bien encore l’ouverture de postes a bon dos. Même dans un contexte économique délicat, une gestion plus rigoureuse de certains crédits pourrait déjà permettre d’améliorer la situation. Pour exemple, une meilleure administration de la prime d’excellence au cours des dernières années, notamment concernant des personnels qui n’auraient pas assuré les 42h annuelles d’enseignement requises, aurait vraisemblablement permis de débloquer une partie des fonds nécessaires au paiement des vacataires qui, eux, assurent des heures de cours effectives.

Vous évoquez des ouvertures de postes : nous demandons à voir, car personne à ce jour n’est capable de dire où ils sont passés. S’agit-il de postes « pourvus et payés » ou seulement de postes « autorisés », c’est-à-dire dire des postes fantômes « qui n’existent pas » comme l’explique la présidente de l’Université Paul Valéry à Montpellier ? En pratique, vous avez surtout gelé un nombre au moins équivalent de postes mis au renouvellement et vous vous apprêtez à faire de même avec des postes Biatoss.

Plus largement, votre lettre ne constitue en rien une réponse satisfaisante à nos revendications. Nous ne sommes pas dupes de la stratégie qui consiste à tenter de faire passer pour disjoints les problèmes que nous soulevons, alors qu’ils relèvent tous de la politique de l’austérité appliquée à l’université et à l’organisation des priorités en son sein. Le problème ne vient sûrement pas, comme vous le suggérez indécemment, du nombre d’étudiants boursiers à Lyon2, qui n’est pas exceptionnel d’ailleurs puisque l’on retrouve, à peu de choses près, la même situation à Lyon3 (chiffres 2013-2014).

Vous prétextez la menace de la mise sous tutelle de l’université pour justifier les coupes que vous appliquez. Nous vous rassurons, pour nous, la mise sous tutelle existe déjà est déjà effective quand, au cours de ses tournées dans les départements, le vice-président aux finances, Pierre-Yves Péguy, nous explique que les budgets normalement alloués sont coupés. Alors pour nous, recteur ou équipe présidentielle, peu nous importe, la mise sous tutelle est déjà là effective.

Vous nous rappelez que le doctorat est un diplôme et présentez notre travail comme une chance de formation dans le cadre d’un projet professionnel. D’un côté, l’idée s’entend puisqu’un rapide calcul de nos heures de travail réelles (réunions pédagogiques, préparations de cours, cours, corrections de copies, surveillances d’examen) nous fait tomber à 3-4 euros net/heure, soit la rémunération des stages. D’un autre côté, ne serait-il pas gênant de considérer que 20 à 60 % des cours de licence 1 suivant les composantes sont donnés par des personnes non qualifiées ? Nous osons croire que vous nous recrutez aussi pour nos compétences, et pas seulement pour nous donner une chance de prétendue formation. Faute de quoi vous pourriez bien vous retrouver avec des milliers d’étudiants mécontents cherchant à faire valoir leur droit à un enseignement de qualité et réclamant, eux aussi, le remboursement de leurs frais d’inscription.

Par ailleurs, permettez nous de vous rappeler que le décret n° 87-889 du 29 octobre 1987 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des vacataires pour l’enseignement supérieur ne présente pas les vacations comme une possibilité de formation ou d’apprentissage. Mais, si vous souhaitiez faire évoluer le cadre légal et nous proposer, à tous, une requalification de nos activités en contrat doctoral, ou en contrat d’apprentissage, ou en contrat de professionnalisation, nous vous soutiendrions…

Pour l’heure, le décret  n°87-889 du 29 octobre 1987 qui statut sur notre condition établit clairement que les vacataires « sont engagés pour effectuer un nombre limité de vacations » (art. 4). Les dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l’État, dans la circulaire n°1262 du 26 novembre 2007 (modifications du décret du 17 janvier 1986 introduites par le décret du 12 mars 2007), précisent qu’un vacataire « est une personne appelée, à la demande de l’administration, à réaliser un acte déterminé non susceptible de se répéter de façon régulière dans le temps (étude, expertise, etc.) et qui l’effectue sans lien de subordination directe à l’autorité administrative. » L’article 4. 1 relatif aux dispositions communes à l’ensemble des agents non titulaires expose en conséquence que « dès lors que leur activité présente une certaine continuité dans le temps et qu’il existe, dans l’exercice de cette activité, un lien de subordination à l’autorité administrative, ces agents sont des agents publics contractuels à part entière ».

Vu que nous assurons régulièrement et de façon renouvelée des besoins permanents d’enseignement, parfois depuis plusieurs années, dans le cadre d’une subordination administrative vis-à-vis des enseignants titulaires responsables pédagogiques de diplômes ou responsables de CM pour lesquels nous assurons des TD, il est plutôt malvenu de présenter notre exploitation comme une chance inespérée de nous former à l’enseignement par la pratique. Dans la pratique, vous vous trompez de support juridique d’emploi depuis des années et vous êtes à la merci d’une demande de requalification de nos embauches sous la forme de CDD contractuels auprès du Tribunal Administratif.

Ainsi, nos revendications sont loin de se résumer au rattrapage de vos retards de gestion administrative. C’est plus largement notre exploitation, le fait de faire porter le coût de la rigueur sur les plus précaires, la dégradation des conditions de travail et d’étude à l’université que nous dénonçons. Voulons-nous une université qui garantisse des conditions de travail correctes pour toutes et tous, ou bien qui maintienne dans la misère des travailleurs intellectuels précaires servant de variable d’ajustement dans un contexte de désengagement de l’État ? Voulons-nous une université ouverte à toutes et tous, ou bien seulement aux enfants des classes moyennes et supérieures ? Voulons-nous une université où s’élabore les conditions de possibilité de la critique sociale et politique, ou bien une université à la solde des entreprises et de la logique de marché ?

Nous vous rappelons donc la liste de nos revendications, que visiblement vous avez lue trop rapidement.

Nous exigeons :
– un contrat signé avant de commencer les cours, non conditionné à l’inscription administrative ;
– l’augmentation du nombre de contrats statutaires : CDU, ATER et MCF ;
– le paiement mensualisé de toutes les heures effectuées (service d’enseignement, surveillances et corrections d’examens, réunions pédagogiques…) pour tous les personnels, avec bulletin de salaire correspondant ;
– la simplification de la procédure d’inscription en doctorat et l’exonération des frais d’inscription pour tou-te-s les doctorant-e-s vacataires sur la base du service prévisionnel, avec effet rétroactif pour l’année en cours (remboursement immédiat). Si Bordeaux le faisait avant la catastrophe de la fusion et que Rennes 2 le fait depuis 2013, pourquoi Lyon 2, fac des humanités, ne le ferait pas ?
– un engagement ferme sur la tenue des TD au moins un mois avant le début des cours, c’est à dire pas de fermeture de TD quelques jours avant le début du semestre ;
– la limitation à 30 du nombre d’étudiant-e-s par TD.
Vous avez accepté de devenir l’artisan de l’austérité appliquée à l’université et de la casse de l’enseignement supérieur et de la recherche. Vous avez voulu « l’autonomie » quand nous n’en voulions pas. À présent, à vous de gérer vos contradictions, mais ne dites pas que le bon traitement des étudiants et du personnel de Lyon 2 est une priorité pour vous. À vous d’assumer les conséquences de votre bilan. Au besoin, tirez-en les conclusions qui s’imposent et démissionnez.

Le Collectif des précaires

Réponse de l’équipe présidentielle du 3 février au courrier du collectif

Lyon, le 3 février 2015

Eléments de réponse au Collectif des vacataires de Lyon 2.

L’équipe présidentielle et la direction de l’Université ont reçu pendant une heure le collectif des vacataires de Lyon 2 jeudi 29 janvier dernier. Ils ont répondu aux différentes questions posées et ont pris des engagements concernant les dossiers des vacataires restés en suspens et les points mentionnés dans une lettre remise par ce même collectif. Les éléments de réponse apportés seront organisés autour de 3 grandes thématiques.

Les contrats en cours :
• De manière générale, les contrats doivent être signés par les parties (administration et intéressés) avant le début des
cours, autant que possible. Cette nécessité juridique suppose que l’ensemble des dossiers comporte toutes les pièces nécessaires pour leur instruction par les services des composantes et de la DRH.
• Sur la question des dossiers des vacataires en suspens, tous les dossiers de doctorants vacataires ont été instruits à
ce jour. Tous les intéressés ont reçu ou recevront dans les tout prochains jours un courriel pour signer leur contrat. L’Université a pris l’engagement de faire le point sur l’avancement de cette question le vendredi 6 février.
• Le paiement des heures interviendra dès le service fait et la saisie des heures réalisées par les composantes de formation. Comme cela est déjà le cas, ce paiement interviendra de manière mensuelle avec un envoi de la feuille de paie associée.
• Cette rémunération correspondra aux activités d’enseignement et aux taches associées comme cela est prévu juridiquement. Autrement dit, conformément aux textes, les activités de surveillance, de correction de copies… ne peuvent donner lieu à
une rémunération complémentaire.
• Les frais de transport liés aux déplacements réalisés en transports collectifs avec un abonnement sont déjà remboursables
en partie via le dispositif Remboursement Partiel des Titres de Transports (RP2T).
• Deux dates de paiement sont exceptionnellement prévues sur la deuxième quinzaine du mois de février et les paiements arriveront sur les comptes bancaires au plus tard début mars selon les délais bancaires.

Les inscriptions en doctorat et les questions liées :
• Les procédures d’inscription en doctorat et la question des frais associés sont à envisager au niveau de l’Université de Lyon et ne peuvent être saisies au niveau de la seule Université Lumière Lyon 2. En outre, les écoles doctorales peuvent être communes à plusieurs universités et n’ont pas forcément des calendriers identiques. L’équipe présidentielle s’engage pour la prochaine rentrée, en lien avec les autres établissements universitaires, à harmoniser ces calendriers et à les rendre davantage compatibles avec les démarches administratives nécessaires pour assurer des cours.
• Aucune université du site lyonnais ne prend en charge l’exonération des droits d’inscription des doctorants vacataires.
En outre, à l’Université Lumière Lyon 2, la très faible compensation par l’Etat de la forte proportion d’étudiants boursiers inscrits (35%) pèse sur les niveaux des ressources, et n’autorise pas, pour l’heure, à la seule échelle de l’établissement, cette exonération.
• Enfin, nous rappelons que le doctorat est aussi un diplôme. Assurer des cours en complément de la préparation de ce diplôme participe également à une formation utile dans le cadre d’un projet professionnel orienté vers l’enseignement.
• Une convergence des pratiques ayant des incidences budgétaires entre établissements universitaires est souhaitable –
les équipes y travaillent déjà -­‐ mais nous rappelons que les dotations de l’Etat, calculées sur la base du modèle d’allocation SYMPA, et les niveaux de ressources propres des établissements ne sont cependant pas comparables entre elles. Les marges de manoeuvre ne sont donc pas identiques.

Les moyens pédagogiques:
• L’équipe présidentielle et la direction de l’établissement sont totalement conscientes de la question des moyens pédagogiques, liés à la fois aux effectifs inscrits, en croissance, et aux maquettes de formation de licence et de masters, déclinées en termes de volume horaire. Actuellement, l’établissement assure plus de 250 000 heures équivalent TD au sein des diplômes nationaux des composantes de formation (non compris la formation continue et des formations spécifiques). Les contraintes budgétaires sont fortes et ne permettent pas d’assurer, sur la base des maquettes horaires existantes, la réduction de la taille des groupes de TD et des amphis.
• L’allocation de supports dits Fioraso, sur les dernières campagnes d’emplois, a permis de créer 54 postes de MCF, de PRAG et de BIATSS, dans différentes composantes et services centraux.
• Engagées dans la préparation du contrat quinquennal à venir, la Présidence et la Direction de l’Université s’efforcent
d’envisager les prochaines maquettes de formation à la fois sous un angle pédagogique avec des effectifs de TD plus restreints et sous un angle de soutenabilité budgétaire, en particulier le volume des heures complémentaires, dont le financement est assuré par des dotations et sur ressources propres des composantes. Cet exercice n’avait jamais été réalisé jusqu’à présent dans notre établissement.

Ces questions relèvent de temporalités différentes. Certaines, très urgentes, sont réglées ou sont sur le point de l’être. D’autres se posent à l’échéance de la rentrée prochaine ou de la suivante. Elles ont des incidences budgétaires pluri annuelles qu’il convient de ne pas négliger.

Enfin, l’émergence de l’Université de Lyon permettra d’aborder, à cette échelle, certaines questions, de manière cohérente et coordonnée. La Présidence et la Direction, ainsi que tous les services associés, travaillent dans ce sens aux services des usagers.

L’équipe présidentielle et la direction de l’Université Lumière Lyon 2

Les enseignants font la grève des notes à Paris-Sud

http://campus.lemonde.fr/campus/article/2015/02/11/les-enseignants-font-la-greve-des-notes-a-paris-sud_4572927_4401467.html

C’est une grève qui ne dit pas son nom, et qui menace de durer. Sur le campus d’Orsay (université Paris-Sud), une majorité de professeurs du département de biologie refusent de restituer les notes des examens de janvier, afin de protester contre des coupes budgétaires et le non-renouvellement de certains postes. Une situation qui pénalise quelque 2 000 étudiants de la filière.
Certains des enseignants impliqués communiquent les résultats à leurs étudiants ou les affichent dans les couloirs, mais ils ne les inscrivent pas dans Apogée, le fichier central des notes qui permet la gestion des dossiers d’études. Sans inscription dans ce système, les jurys ne peuvent valider les crédits universitaires et les étudiants se trouvent dans l’incapacité d’effectuer leurs démarches administratives.
FAIRE RÉAGIR LES ÉTUDIANTS
« Cette rétention est illégitime, s’offusque Baptiste Laget, vice-président étudiant de la Commission de la formation et de la vie étudiante. S’attaquer aux étudiants en les privant de leurs résultats, qui sont la rémunération de leur travail, pose un risque réel à ceux qui doivent soumettre leurs dossiers de candidature à des masters en France ou à l’étranger, dans des délais serrés. C’est mettre en péril leur scolarité. »
Un argument que conteste Pierre Capy, directeur du département de biologie. « Les étudiants qui sont dans ce cas de figure, nous leur fournissons une attestation signée avec leurs résultats. Nous ne voulons en aucun cas pénaliser les étudiants mais retenir leur attention comme celle de la présidence de l’université sur une situation problématique pour l’ensemble de la communauté universitaire. »
Les étudiants eux-mêmes sont partagés sur ce mouvement : le syndicat UNEF lui a apporté son soutien, tandis que Baptiste Laget, issu de la FAGE, l’autre grand syndicat étudiant, insiste sur les difficultés rencontrées par certains de ses camarades, auxquels l’attestation écrite fournie par les enseignants n’a pas permis de s’inscrire. 
Lors d’une première assemblée générale, le 16 décembre, qui réunissait professeurs du département de biologie et représentants étudiants, les critiques ont fusé quant à la mauvaise gestion de l’université. Il a manqué à la direction 5,5 millions d’euros pour boucler le budget 2014, ce qu’elle a compensé en coupant dans la masse salariale, ramenant celle-ci à 244 millions d’euros. Cela s’est traduit par l’arrêt de la campagne de recrutement des attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER) et au non-renouvellement d’une dizaine de postes. Ces mesures touchent particulièrement le département de biologie, un des plus importants de l’université, mais aussi ceux de mathématiques et d’informatique.
« PROBLÈME NATIONAL »
« Malgré des débats houleux, nous sommes ressortis de l’AG avec l’assurance que les enseignants ne retiendraient pas les notes des étudiants », explique Baptiste Laget. Mais peu avant la session d’examens mi-janvier, une nouvelle AG a eu lieu, en l’absence des représentants étudiants. La majorité des 51 professeurs, 124 maîtres de conférences et 117 personnels administratifs et techniques que compte le département de biologie, ont voté en faveur de la rétention des notes, « une mesure moins pénalisante pour les étudiants que la grève », justifie Pierre Capy.
Du côté de la direction de l’université, si on comprend le choc occasionné par les coupes budgétaires intervenues précipitamment à la suite d’un bilan 2014 défavorable, on ne cautionne pas la rétention des notes. « C’est une action indélicate qui s’en prend aux étudiants […] et ne résout pas un problème national touchant de nombreuses universités, affirme Jacques Bittoun, le président de l’établissement. Mais il est vrai que les restrictions budgétaires du gouvernement nous obligent à réduire le nombre de postes pour récupérer de la masse salariale. »
En tirant le signal d’alarme avec la rétention de notes, les professeurs frondeurs espèrent capter l’attention du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Les étudiants n’auront pas leurs notes avant la prochaine AG du département de biologie, prévue le 18 février. « S’il n’y a pas une reconsidération des problèmes de financement des universités françaises et si on ne met pas en place des méthodes prospectives pour assurer la viabilité des budgets, d’autres actions seront vraisemblablement engagées dans les semaines à venir, au-delà des biologistes », prévient Pierre Capy.
  • Matteo Maillard