Les effectifs de TD: réalités problématiques et souhaits d’amélioration des conditions d’études (et de travail)

Dans nos revendications nous nous mobilisons sur les effectifs de cours de travaux dirigés.

D’une part, parce que nous assurons des cours de TD dont les effectifs dépassent généralement les 40 étudiants, alors que les plaquettes universitaires de licence annoncent des cours à « une quarantaine d’étudiants », effectif qui ne permet pas d’effectuer un travail d’interaction orale en cours de qualité avec les étudiants.

En effet, nous constatons que ce sont principalement 5 à 7 étudiants (généralement les mêmes) qui participent activement au cours. Dans le meilleur des cas une dizaine d’étudiants participe de temps en tant en cours. Au sein d’une classe de 40 étudiants, à la fin du semestre (selon la méthode de gestion de la parole au sein de la classe de l’enseignant) nous n’avons quasiment jamais entendu la voix d’environ 5 étudiants.

Par ailleurs, notre rémunération n’est pas indexée sur le nombre d’étudiants que nous avons en cours. Dans le cadre des cours de TD, quand nos effectifs dépassent les 40 étudiants (dans le cas idéal où nous avons un contrat de travail et nous sommes rémunéré.e.s), nous effectuons du travail considéré comme gratuit s’agissant des effectifs supplémentaires (correction de copies, gestion d’un groupe d’étudiants plus nombreux…), qui ne donne lieu à aucune reconnaissance et qui pénibilise le travail de tous (enseignants et étudiants).

D’autre part, parce qu’il nous semble qu’un effectif de 30 étudiants par cours de TD serait bien plus favorable aux conditions d’études des étudiants, à l’instar de plusieurs syndicats (Unef, FSE…) et comme cela a été démontré dans plusieurs études scientifiques.

Cette question des effectifs influe directement sur le temps que nous passons à la correction des copies des étudiants.
Par exemple, quand au cours du semestre, nous savons que nous avons (environ) deux copies (contrôle de mi-parcours, synthèse, commentaire, dissertation…) par étudiant à corriger, et que nous avons 4 groupes d’étudiants: nous passons entre 10 et 15 minutes par copie. Ce volume horaire est indicatif et varie sensiblement selon la nature de l’exercice et la qualité de la copie.
Si notre effectif est de 40 étudiants par classe : nous passons environ 40 heures de correction. Si notre effectif est de 42 étudiants par classe: nous passons environ 2 heures de plus.
Ce travail de correction étant considéré comme un tâche annexe à notre mission d’enseignement, il n’est pas rémunéré en tant que tel.
Si l’on prend en considération ce dernier point, cela peut expliquer que certains enseignants prennent moins de temps à annoter les copies quand ils les corrigent. Ce système influe donc directement que le temps consacré à chaque étudiant par l’enseignant (par exemple dans le cas où il aurait par ailleurs un petit boulot alimentaire), et à sa disponibilité à lui donner des conseils (annotations sur la copie ou réponses aux emails).

S’agissant des cours de langues dont les effectifs tendent à augmenter, nous considérons ce phénomène comme particulièrement préjudiciable à l’apprentissage des langues.
Comment pratiquer l’anglais dans un cours à 50 étudiants ?
Comment espérer donner une formation de qualité en langues, à des étudiants motivés pour partir à l’étranger quand certains ne parlent qu’une ou deux fois dans le semestre la langue qu’ils apprennent ?
Comment commencer à apprendre une nouvelle langue dans une classe à 50 étudiants ?
Souvenez-vous au lycée, c’était déjà difficile de pratiquer les langues à l’oral dans une classe avec 25 étudiants !
Ce système favorise donc les étudiants les plus favorisés, qui ont les moyens d’effectuer des séjours à l’étranger, des cours particuliers, des cours intensifs … et accentuent la sélection sociale.

Nous nous mobilisons contre des effectifs à plus de 40 étudiants, qui ne permettent pas d’assurer un enseignement interactif de qualité.

Nous nous mobilisons en faveur de cours de TD à 30 étudiants maximum, pour pouvoir donner des cours de qualité.

Nous avons parfaitement conscience que ce positionnement est contraire aux politiques actuelles d’austérité dans l’enseignement supérieur. Cependant, de tels effectifs existent actuellement dans des structures aussi variées que les IUT (moyenne de 25 par classe), les Instituts d’Etudes Politiques (25 par classe de TD dans celui de Lyon), les ENS, etc.

Mais qu’est-ce que cela implique ?

Nous ne souhaitons pas (comme cela risque d’être le cas dans certaines filières universitaires dans les prochaines années) qu’une sélection se mette en oeuvre à l’entrée à l’université ou dans certaines filières.
Nous souhaitons un investissement conséquent de l’Etat et par conséquent de notre université, afin que l’enseignement des étudiants qui le souhaitent puissent s’inscrire dans la filière de leur choix en licence (sans sélection géographique, sans tirage au sort, sans sélection par les notes du bac, sans exclusion des personnes venant d’autres filières qui souhaitent se réorienter l’année suivante). Il s’agirait d’accroitre le nombre de groupe de travaux dirigés et d’enseignement des langues, en investissant dans des emplois (principalement d’enseignants titulaires, mais aussi du personnel administratif formé qui permet d’assurer le bon fonctionnement de l’université).

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