Prochains événements rentrée Toussaint

Voici les dates des prochains rassemblements sur les campus de l’Université Lyon 2:

Rassemblement le mercredi 5 novembre à 10h sous les fenêtres de la présidence dans la cours du campus des quais, appel au rassemblement massif pour soutenir notre cause ensemble devant la Présidence. La dernière rencontre ayant été avortée en raison de l’absence du vice-président chargé des ressources humaines, il est nécessaire de continuer à montrer notre mobilisation pour que la présidence donne suite à nos revendications.
AG sur le campus de Bron le jeudi 6 novembre à 12h avec les étudiant.e.s mobilisé.e.s, les enseignant.e.s et les personnels dans une perspective plus large du fait de l’état de l’enseignement et de la recherche à l’université Lyon 2 et au niveau national.

Qu’est ce qui se passe après le doctorat ? la galère…. les intermittents de la recherche

Pour faire suite à la présentation de la situation de doctorant vacataire (pour la majorité des personnes de notre collectif), nous relayons ce témoignage sur l’après doctorat en France, où les conditions de vie sont toujours (sinon plus) précaires.

Ce texte est produit par le collectif Les Intermittents de la Recherche, il est relayé sur le blog de Camille Brouton: Les « précaires » de la recherche. D’autres intermittents.

Parce que nos témoignages visent à dénoncer un système qui ne peut continuer à fonctionner ainsi…

Demande d’exonération des frais d’inscription

Nom, Prénom
Filière et année
Adresse
Téléphone

à Monsieur Jean-Luc Mayaud, Président de l’université Lyon 2
18, Quai Claude Bernard FRANCE
69007 LYON

Inscrit au doctorat dans votre université, je suis également chargé de cours. Ma situation financière ne me permet pas de régler mes frais d’inscription. En raison de la grande précarité dans laquelle je me trouve en ce début d’année universitaire.
C’est la raison pour laquelle, en vertu de l’article 3 du décret n°84-13 du 05 janvier 1984, je sollicite de votre bienveillance l’examen de ma demande d’exonération de droits d’inscriptions.
(Situation personnelle)
De plus, le paiement des frais d’inscription est nécessaire à l’obtention de mon certificat de scolarité qui me permettra de recevoir un contrat de travail de l’université pour les heures de cours que je donne déjà. Cette situation absurde pour laquelle un doctorant chargé de cours paye une inscription à son propre employeur accroît inévitablement mes difficultés financières. Une simple décision du conseil d’administration permettrait de régler ce problème par la mise en place d’un dispositif spécifique aux doctorants chargés de cours.
Je vous prie en conséquence de transmettre une réponse positive à ma requête aux services compétents de votre université afin qu’ils puissent procéder à l’exonération de mes droits d’inscription.
Je vous prie d’agréer, monsieur le Président,  l’expression de mes sentiments respectueux.

Fait à Lyon, le XXXXX
Signature

Le bandit ici c’est l’Etat!

L’université, institution vieille de presque 800 ans, a traversé de nombreuses vicissitudes en des temps où les régimes de France étaient bien plus délétères qu’aujourd’hui. On l’a vu disparaître et renaître, mais sous la pression d’un système prédateur, elle est cependant à ce jour plus que jamais soumise à un asservissement méthodique. La débauche de moyens économiques, politiques, idéologiques en faveur d’une recomposition structurelle de son fonctionnement et par conséquent de ses valeurs a soulevé nombres de contestations.

En cause, les restrictions budgétaires qui affectent l’université à la fois du point de vue des moyens infra-structurels et humains. Parmi l’éventail de personnel qui fait en effet fonctionner l’université (personnel BIATSS, enseignant titulaire, contractuel et vacataire, personnel administratif) les conditions de travail se détériorent. Des salles sans matériel, à la surcharge de travail administratif pour les enseignants chercheurs, en passant par une précarité croissante dans les statuts de chacun et des conditions de travail asphyxiantes pour l’ensemble du personnel, il n’est clairement plus possible de s’accommoder des plans de restructuration, réduction, simplification qui amplifient les processus de subordination à cette peste néolibérale. Cette croyance que l’on accorde en des temps austères à la capacité de ces plans, à panser les maux de tous les budgets, participe à la consolidation techno-politique de notre université. Trop souvent, on préfère la voir comme l’usine à fabriquer de futurs chômeurs à partir de position acculées dos à dos. D’un côté, les étudiants sortis des grandes écoles prestigieuses ou des écoles privées en tout genre, qui payeront taxes et impôts, de l’autre ces utopistes aux intérêts de recherche qui se donnent à penser le monde d’aujourd’hui et de demain pour ne pas participer au « meilleur des mondes ». L’idée selon laquelle l’université ne produirait pas une main d’œuvre crédible sur le marché du travail actuel naît alors en miroir de la fabrique d’êtres particulièrement instruits et possédants des outils de pensée finement aiguisés.

Cela fait longtemps qu’il paraît impossible de subventionner les universités, alors un certain nombre de lois et décrets visant à faire de celle-ci un service performant, ont été mise en place par les gouvernements successifs. Le but faire entrer des capitaux privés afin de faire de l’université une institution rentable. En somme, c’est une privatisation partielle d’une institution publique dont il est question. Les politiques mises en œuvre ont opéré une dislocation du réel, au nom de paradigmes incorporés et universalisés qui vont dans le sens de la pensée néolibérale : la performance, le développement, le progrès. Les chaires de recherches financées par des entreprises aux intérêts particulièrement saillants dans le domaine ont germé, en témoignent le dernier prix Nobel soulevé ces derniers jours au rang d’emblème national par la plèbe néolibérale. L’idée qui s’immisce dans cette semi-privatisation tient dans une rationalité centrée sur l’économie : les ressources, sans les moyens humains. Wendy Brown rappelle d’ailleurs qu’ « elle consiste plutôt dans l’extension et la dissémination des valeurs du marché à la politique sociale et à toutes les institutions » . Des mesures drastiques ont en effet été prises : réduction du personnel qu’il soit administratif (des secrétaires gèrent ainsi 3 années de licence donc plus de 700 élèves à elles toutes seules) ou enseignant. Le gèle à l’embauche d’enseignants titulaires (MCF, Professeur) ou contractuels (ATER), a ainsi ouvert la voie à une main-d’œuvre docile et bon marché : les vacataires.

À l’université pour pallier au manque d’enseignants titulaires deux options se posent embaucher un doctorant en contrat d’ATER pour une année renouvelable et payer comme tout employeur du secteur privé les charges sociales qui correspondent à l’emploi ou embaucher un doctorant pour des vacations (c’est-à-dire des charges de cours régulières) sans payer les cotisations sociales annexes. Vous me demanderez comment est-ce possible de ne pas payer les cotisations sociales liées à l’emploi… Il suffit que cette personne ait un emploi principal qui paye ces cotisations. Le problème qui se pose dès lors est le statut de doctorant. L’université prend pour principe que puisque le doctorant paye des droits d’inscription et donc une sécurité sociale en même temps, il est couvert d’un point de vue social et donc « embauchable » comme une main d’œuvre peu couteuse. Si le problème est pris à l’inverse le doctorant doit payer à son employeur des frais pour être embauchable, car son seul employeur est bien souvent l’université.

Les vacataires représentent en moyenne 60% des enseignants de l’université. Ils sont près de 3000 (doctorants ou employé d’autres structures) à donner des cours à Lyon 2 et représente en moyenne 60% des effectifs d’enseignants en L1. Actuellement la plupart enseignent sans contrat de travail et pourront espérer être payés trois mois après les heures effectuées dans le cas où ils obtiennent un contrat de travail avant ces trois mois de délai. En attendant et malgré les heures effectuées, ces doctorants doivent trouver des revenus d’appoints pour survivre, car les structures d’État (pôle emploi) censées pallier ce genre de problème considèrent que vous avez été payé par votre employeur dans les temps. En somme, un enseignant titulaire d’un master 2 enseigne sans être payé pendant près de trois mois (s’il est chanceux).

Vous me direz alors pourquoi accepter ces conditions… Pour se faire un CV ! Le vacataire a la nécessité de montrer qu’il a déjà enseigné. De plus, enseigner c’est mettre un pied dans le milieu où il est censé travailler plus tard. C’est également travailler dans son domaine de compétence au lieu de multiplier les petits boulots en tout genre pour survivre. Bref, enseigner à l’université s’est conserver également du temps pour mener une thèse à son terme en effectuant les recherches et le travail d’écriture qui en sont corollaires.
La situation est absurde. L’intense expérience paradoxale de la thèse mêle au sentiment étrange que procure l’émulsion même de l’acte de penser, un sentiment visqueux qui colle aux yeux si bien que l’ont croit halluciner sous l’effet de puissants psychotropes. En France aujourd’hui, l’État se permet d’employer du personnel jetable dans des conditions misérables et se targue après d’être le pays des droits de l’Homme en donnant des leçons à tout bout de champ aux autres pays alors que rien n’est fait pour respecter le droit du travail. Un droit du travail en vigueur de partout là où il ne s’agit pas d’institution d’État !…

PM

ça bouge aux échelons supérieurs ! Mobilisons nous ensemble !

Une importante mobilisation est en cours sur l’emploi scientifique.

Nos luttes étant liées, la meilleure chose est de faire front commun et de diffuser les informations en incitant à la participation aux mobilisations.

Une Lettre au président de la République sur l’emploi scientifique a été élaborée lors de la réunion des directrices et directeurs d’unité organisée le 24 septembre à l’initiative du Comité national de la recherche scientifique puis signée par 660 DU de différents organismes de recherche (CNRS mais aussi, INSERM, INRA, INRIA, IRD notamment). Elle a été portée lundi à l’Élysée assortie d’une demande de RDV, et envoyée à la presse.

Elle continue d’être signée par les retardataires et les directrices et directeurs des équipe d’accueil sont invité.e.s à signer également par la CP-CNU. La lettre et la liste actualisée des signataires est disponible à http://www.urgence-emploi-scientifique.org/content/lettre-des-directeurs-de-laboratoire

Une manifestation est organisée ce vendredi, conjointement par Sciences en marche et les syndicats et soutenue par le Comité national.

A Paris, le rassemblement est prévu à 14h30 Porte d’Orléans. Le parcours de la manifestation ira jusqu’à la place Vauban (sud des Invalides) en passant par Denfert-Rochereau. Toutes les informations sur cette manifestation sont disponibles sur le même site: http://www.urgence-emploi-scientifique.org/actions

La réussite de cette manifestation est particulièrement importante puisque des amendements sur le Crédit impôt recherche sont en discussion au parlement et que le PS lui-même appelle le gouvernement a faire un effort pour l’ESR.
http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/enseignement-superieur-et-recherche-le-parti-socialiste-demande-un-effort-supplementaire-au-gouvernement.html

La mobilisation n’est pas uniquement à Paris, mais dans d’autres villes de France, pour cela il suffit de se renseigner sur le site de Sciences en Marche:  http://sciencesenmarche.org/fr/

Mon année épique du fait d’un manque de moyens à l’université

J’ai été vacataire chargée d’enseignement à Lyon 2 entre 2012 et 2014. Il s’agissait de mon seul emploi parallèlement à mes études et cela constituait mon seul revenu annuel, auquel se cumulait des babysittings non réguliers. Auparavant, j’étais boursière, mais du fait de mon inscription tardive à l’université, le CROUS a refusé ma demande car « hors délais ». Mes revenus ne me permettant pas d’être indépendantes, je vis toujours chez mes parents.

Je vous présente ici comment s’est déroulée la première année de vacation d’enseignement, la plus épique de mon expérience.

En 2012-2013, j’ai été recrutée une semaine avant la rentrée pour assurer 4 TD par semaine au premier semestre. Recrutée au pied levé du fait d’un manque de vacataires (et de titulaires surtout), je n’ai pu assister aux réunions de rentrée qui s’étaient déjà tenues. Cette rentrée est chargée, je dois préparer rapidement mes séances de cours et je n’ai jamais enseigné auparavant. Pour y arriver, durant le premier mois, je travaille en moyenne 10h par séance pour préparer chaque cours (1h45). J’ai de la chance : je n’ai à assurer que deux cours différents et l’activité d’enseignement me plait. Finalement, à cause de cette charge de travail importante à laquelle s’ajoutent les réponses des mails que mes étudiants m’adressent, je m’organise avec d’autres chargés de TD pour qu’on se répartisse la préparation des séances. C’est pratique, mais dans l’idéal, je préférerais préparer mes propres cours pour mieux les maîtriser et m’adapter plus facilement aux attentes des étudiants.

En septembre, octobre et novembre, c’est la galère à chacune de mes heures de cours : je n’ai ni clés ni badge pour ouvrir mes salles de cours. Je dois donc systématiquement faire appel au secrétariat pour que l’un.e des secrétaires viennent m’ouvrir la salle. Quand mon cours commence à 18h, le secrétariat est fermé et je fais appel à mes collègues des salles voisines, en espérant qu’ils ne soient pas dans le même cas que moi. Courant novembre, miracle, l’un des titulaires a une clé en plus et me la donne ! Je la ferrai passer à mes collègues lors de semestres ultérieurs où je ne donne pas cours. Par contre, je n’aurai jamais la clé de la salle des chargés de TD et de quelques titulaires. Il me faudra entrer quand il y a déjà du monde, squatter des salles de cours vides pour travailler ou au pire aller à la bibliothèque déjà bondée. Pour ce qui est d’Internet, le wifi est capricieux car inadapté. Il fonctionne épisodiquement quand je me connecte dans le bâtiment de mon département ou à la bibliothèque depuis mon ordinateur personnel.

En cours de semestre, je me rends compte que mes étudiants n’ont pas accès aux textes étudiés en séances de TD du fait de dysfonctionnements sur la plateforme de cours (à laquelle je n’ai jamais eu accès- identifiants jamais communiqués). Toutes les semaines, j’ai une vingtaine d’emails me demandant d’envoyer les textes obligatoires. Au bout de trois semaines, comme le problème n’a toujours pas été résolu par l’administration malgré les multiples signalements du problème, je décide de le résoudre au plus vite avec mes propres moyens. Je crée donc un groupe en ligne et invite mes 160 étudiants à le rejoindre en entrant une part une leur adresse email. J’y passe deux soirées, mais au moins je permets à mes étudiants d’avoir des conditions d’études normales dans le cadre de ce cours. Souvent, ils se plaignent de ne pas trouver de place à la bibliothèque universitaire pour y travailler. Ils se plaignent aussi de ne pas trouver l’un des ouvrages de la bibliographie du cours, car les deux exemplaires disponibles sont empruntés depuis déjà 10 jours et sont tous réservés pour les semaines à venir.

Au retour des vacances de la Toussaint, soit au milieu du semestre de cours : surprise ! La DRH me contacte pour me signifier que mon statut de vacataire n’est pas valide car je ne suis plus étudiante dans mon précédent master 2 (dont j’avais fourni le certificat de scolarité et dont je ne recevrai les résultats que courant décembre), et qu’il est donc impossible pour l’université de me payer les heures de cours données et à venir. C’est donc la panique, la seule solution qui émerge grâce aux soutiens des enseignants de mon département est de m’inscrire dans un nouveau master 2 (en payant les droits d’inscription le plus rapidement possible), afin de me permettre de pouvoir tout simplement toucher la rémunération des heures de cours assurées. N’ayant aucune ressource personnelle, ce sont mes parents qui me payeront mon inscription à l’université. Mon contrat de travail est enfin validé début décembre par l’université, et mes heures me sont payées en février.

Un plan c’est profilé : un titulaire me propose de partager des heures de cours avec lui au second semestre, et a besoin que je le dépanne dans le cadre d’un TD où des intervenants extérieurs viennent présenter leurs métiers. C’est un secteur dans lequel j’ai de l’expérience et qui m’intéresse, je suis disponible et motivée pour effectuer ces heures de cours, mais voilà un autre problème se pose : celui de la limite des 96h par an (pour les enseignants vacataires).

A la fin du 1er semestre, j’avais effectué 84h. Le titulaire me propose de donner 10h de cours, et de le remplacer durant 4 séances (d’1h45) pour accueillir les intervenants. Je dépasse la limite légale et l’université refuse que les vacataires enseignants dépassent cette limite car elle ne souhaite pas –pour des raisons budgétaires- payer de cotisations. La solution que propose le titulaire est de déclarer pour son compte mes heures de travail en tant qu’heures supplémentaires travaillées. Du fait de nombreux problèmes de contrat de travail, cette déclaration est une pratique régulièrement utilisée, pour remédier officieusement aux problèmes administratifs et de politique d’emploi de l’université. Ma rémunération me sera versée plusieurs mois après la fin de mon travail.

Titulaires, contractuels et vacataires, dans l’enseignement comme dans les services administratifs, nous faisons tous les frais d’un manque de moyens et d’aberrations normatives au quotidien qui entravent notre travail quotidien.

« Il est vraiment temps que ça change. »

J'ai été vacataire chargée d'enseignement à Lyon 2 entre 2009 et 2014. Il
ne s'agissait pas de mon seul emploi, mais il constituait ma principale
source de revenus. J'ai multiplié les petits boulots, jusqu'à assurer
quatre fonctions en parallèle à certaines périodes : chargée de cours,
intervenante en école primaire, télétravail, travail sur la thèse. N'étant
pas financée pour mon doctorat, ces revenus m'étaient essentiels. En cinq
ans, je ne compte plus le nombre de déceptions et problèmes rencontrés avec
l'Université...

Deux exemples, les plus récents :

L'année dernière, alors que je travaille depuis deux mois sur la
préparation d'un CM et que le cours est entamé depuis plus d'un mois,
j'apprends que la DRH risque de refuser le paiement de ces cours car en
tant que vacataire je n'ai pas le droit d'être en charge d'un CM. La
personne qui se charge du traitement des salaires des vacataires au
Département m'affirme être optimiste quant à la possibilité de "contourner"
les réticences de la DRH.
La nouvelle m'atterre : voilà trois ans que je donne des CM et c'est la
première fois que j'entends parler de ce problème. Pour préparer mon cours,
j'ai dû stopper la rédaction de ma thèse, je me suis impliquée à fond afin
que ce cours soit pertinent pour les étudiants et voilà que ma rémunération
est remise en question ??? Afin d'être payée, j'ai dû établir de fausses
déclarations tout au long du semestre : déclarer que je donnais des TD au
lieu des heures de CM.

L'année dernière toujours, je demande une avance sur salaire, étant
complètement dans le rouge financièrement en partie parce que je viens de
payer mes frais d'inscription (je croyais être défrayée puisque j'avais
effectué une centaine d'heures de vacations administratives, mais il
manquait *deux heures* de vacations admin. à mon effectif pour obtenir le
remboursement des frais). Je téléphone aux RH afin de savoir comment
procéder pour cette demande d'avance. Mon interlocuteur me répond qu'il est
très rare que des avances sur salaire soit faites en faveur du personnel
vacataire. Je lui demande pourquoi. Il me répond qu'il s'agit de la
politique de l'Université. Il ajoute que les vacances de la Toussaint
approchent et que mon dossier risque d'arriver trop tard dans tous les cas.
Là, je m'indigne : les vacances sont dans deux semaines, je ne vois pas
pourquoi ma demande ne pourrait être traitée à temps. Il rétorque que le
personnel des RH ont des enfants et qu'ils prennent donc souvent leurs
congés plus tôt, pour s'aligner sur le rythme des écoles primaires. En
d'autres termes, il me demande de faire preuve d'empathie à l'égard de ces
employés de Lyon 2, tandis que lui m'envoie sur les roses...
Bien sûr, il ne me demande pas si je suis moi-même maman et ne s'inquiète à
aucun moment de la situation dans laquelle je me trouve. Il me renvoie vers
l'aide sociale de l'Université puisque je lui rappelle de nouveau que ma
situation est vraiment problématique. Je demande où contacter ce service,
les sollicitations que je peux adresser à l'aide sociale. Il me dit
sèchement : "regardez sur le site de l'Université". Là, j'ai pas tenu, j'ai
raccroché.
Le doyen de la Faculté a ensuite plaidé en ma faveur afin que j'obtienne
une avance et ça a marché. Avance qui, au final, correspondait au versement
fin novembre de 80 pour cent du salaire relatif au travail effectué au mois
de septembre/octobre !!!

Il est vraiment temps que ça change.

Nous ne sommes pas seuls! d’autres vacataires dans d’autres universités se mobilisent!

Tout d’abord présentons le collectif papéra qui regroupe un certain nombre d’information sur la précarité dans l’enseignement supérieur:
http://www.collectif-papera.org/

à Tours ça bouge! site de l’association des doctorants en SHS. ils ont obtenus qu’un Comité Technique chargé de discuter le texte “projet” de l’Université visant à modifier les conditions de recrutement soit établi pour étudier les remaniements du texte qui devaient être proposés par les organisations syndicales. L’université traîne mais ils sont toujours mobilisés.
http://adshs.hypotheses.org/

Un article sur la situation à Bordeaux qui témoigne de la régression d’acquis »sociaux par les vacataires »… : « Autre point d’achoppement majeur : à partir de la rentrée 2014, tous les doctorants devront payer leurs frais d’inscription. Une révolution, car ceux qui étaient également chargés de travaux dirigés bénéficiaient jusque-là d’une exonération, l’administration considérant qu’ils rendaient service à l’université.« 

http://rue89bordeaux.com/2014/04/universite-bordeaux-apres-fusion-burn-out/

Et sauvons l’université qui relaye des news…

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article6704

 

Les vacataires késako ?

Prenons donc le portail de la fonction publique pour une définition précise provenant du gouvernement . Il est précisé :

« 4- 1 Dispositions communes à l’ensemble des agents non titulaires
Ces dispositions s’appliquent quelles que soient les modalités de leur recrutement. Il est important de rappeler que les emplois permanents de l’administration sont normalement occupés par des fonctionnaires. Toutefois, celle-ci peut recruter à titre dérogatoire, dans certains cas, des agents non titulaires.
Il convient en outre de préciser la différence entre un agent non titulaire et un vacataire.
En effet, un certain nombre d’agents sont souvent appelés vacataires au motif que leur rémunération s’impute sur des crédits dits de vacation. Pour autant, dès lors que leur activité présente une certaine continuité dans le temps et qu’il existe, dans l’exercice de cette activité, un lien de subordination à l’autorité administrative, ces agents sont des agents publics contractuels à part entière. Dans son rapport annuel de 1996, le Conseil d’Etat a ainsi rappelé que le support budgétaire des rémunérations est sans portée au regard de la situation juridique des agents. La jurisprudence de la Haute Assemblée précise en outre que le fait d’être agent contractuel n’interdit pas que la rémunération soit calculée sur la base d’un taux horaire ou « vacation ».
A contrario, un vrai vacataire, même si aucun texte ne le définit, est une personne appelée, à la demande de l’administration, à réaliser un acte déterminé non susceptible de se répéter de façon régulière dans le temps (étude, expertise, etc.) et qui l’effectue sans lien de subordination directe à l’autorité administrative. C’est cet état de subordination à l’autorité administrative qui constitue la caractéristique première du lien contractuel et, par conséquent, du lien salarial (CE – n° 25248 du 24 avril 1981 – Ministre du budget c/ M.X).
Cette dernière catégorie regroupe un nombre restreint d’agents dont les fonctions sont assimilables à une prestation de service ponctuelle ou à l’accomplissement d’une tâche très précise (le médecin qui effectue à titre très occasionnel une visite médicale pour le compte de l’administration, le spécialiste juridique à qui une consultation sur un problème précis à été demandée, etc.). »

Pour résumer un vacataire serait une personne appelée ponctuellement par l’administration pour effectuer un acte qui ne se reproduira pas. Comment expliquer alors le cas de ces vacataires enseignant à l’université appelés à être chargé de cours de manière régulière (donnant cours chaque semaine d’un semestre et reconduit d’années en années) ? La réponse se situe dans la loi Sauvadet. Les universités ont peur de se retrouver avec une armée de vacataires finalement contractualisés (ce qui implique seulement d’avoir des conditions décentes d’embauche) qui demandera à se faire titulariser au bout de 6 ans de CDD.

 D’après: http://www.fonction-publique.gouv.fr/fonction-publique/statut-et-remunerations-34

Revendications centrales : le respect du droit du travail

Notre mobilisation est née d’un ras-le-bol concernant un non-respect du droit du travail dans le cadre de notre travail de vacataire à l’Université Lyon 2. Cette situation n’est pas pas nouvelle et c’est une situation présente dans bien d’autres universités.

Nous exigeons que le droit du travail soit enfin respecté pour les vacataires de l’enseignement supérieur:

– Exonération des frais d’inscription pour les vacataires employés à l’université (qui y sont également étudiants).

– Rémunération prenant en compte les heures réelles de travail effectuées et paiement par l’université des cotisations sociales associées.

Paiement mensualisé des heures effectuées dans le mois à la fin du mois.

– Augmentation massive du nombre de contrats statutaires (contrats doctoraux, ATER, MCF).

– Signature d’un véritable contrat de travail à durée déterminée avant le début des cours.

Transparence sur les critères de recrutement et la publicité des offres.

Engagement ferme de l’employeur sur un volume horaire et un emploi du temps un mois avant le premier cours.

– Prise en charge d’une couverture maladie par l’employeur.